ACTE I. SCÈNE Ht. ir
CASSIUS
Cythéris , écoutez la joyeuse fanfare !
C'est le vainqueur du Rhône , et des mers , et du Phare .
Eh bien ! si comme lui , moi , je pouvais m'asseoir
Sur le char triomphal qui le porte ce soir,
Au lieu de ces bijoux qu'envieraient nos matrones,
Je mettrais à vos pieds mes trois mille couronnes.
CYTHÉRIS.
Et vous auriez bien tort, car vraiment , je le crains, Je les refuserais, comme ces lourds écrins Et ces légers tissus, fines ailes d'abeille.
CASSIUS
Quoi ! vous refusez ?
CYTHÉRIS.
Oui.
CASSIUS
Le vase. . . la corbeille?
Me faire cette injure !
CYTHÉRIS.
Une injure , à vous ? non .
M'en préservent les dieux !
CASSIUS
Par Castor !
Par Junon !
Ce refus, Cassius, ne doit point vous surprendre : J'accepte quelquefois... mais lorsque je veux rendre.
CASSIUS
Ce refus, Cythéris, peut être hasardeux ;
u; I.K IKSTAMEN'r DE CÉSAR,
(^'est la guerre ! . . .
CYTHÉRIS.
Comment ? la guerre entre nous deux !... Je vous tends, au contraire, une main pacifique! Restons amis, seigneur; vous êtes magnifique! Cythéris vous promet , pour vos soins assidus , Un souvenir, gratis, à ses moments perdus; Mais voilà tout.
CASSIUS
Byrrha! viens.
BYRRHA.
Seigneur ?
CYTHÉRIS.
Viens, Hélène.
GASSIUS.
Reprends cette corbeille, et remporte-la.
BYRRHA.
Pleine?
(A lui-même.) Pleine : elle a refusé. — C'est trop injurieux !
(A Byrrha , qui s'éloigne.)
Reviens ici , Byrrha.
CYTHÉRIS, bas, a Hélène.
Vois, il est furieux.
Fais suivre par mes gens cet homme au teint de bistre. Cassius parle bas, c'est quelque ordre sinistre... Va, que je sache tout.
CASSlUS.
Byrrha , j'avais raison ,