‹ Le testament de César, drame en cinq actes et en vers suivi d'un épilogueChapitre 7 sur 95 · ACTE I. SCÈNE Ht. ir · texte numérisé non relu

ACTE I. SCÈNE Ht. ir

CASSIUS

Cythéris , écoutez la joyeuse fanfare !

C'est le vainqueur du Rhône , et des mers , et du Phare .

Eh bien ! si comme lui , moi , je pouvais m'asseoir

Sur le char triomphal qui le porte ce soir,

Au lieu de ces bijoux qu'envieraient nos matrones,

Je mettrais à vos pieds mes trois mille couronnes.

CYTHÉRIS.

Et vous auriez bien tort, car vraiment , je le crains, Je les refuserais, comme ces lourds écrins Et ces légers tissus, fines ailes d'abeille.

CASSIUS

Quoi ! vous refusez ?

CYTHÉRIS.

Oui.

CASSIUS

Le vase. . . la corbeille?

Me faire cette injure !

CYTHÉRIS.

Une injure , à vous ? non .

M'en préservent les dieux !

CASSIUS

Par Castor !

Par Junon !

Ce refus, Cassius, ne doit point vous surprendre : J'accepte quelquefois... mais lorsque je veux rendre.

CASSIUS

Ce refus, Cythéris, peut être hasardeux ;

u; I.K IKSTAMEN'r DE CÉSAR,

(^'est la guerre ! . . .

CYTHÉRIS.

Comment ? la guerre entre nous deux !... Je vous tends, au contraire, une main pacifique! Restons amis, seigneur; vous êtes magnifique! Cythéris vous promet , pour vos soins assidus , Un souvenir, gratis, à ses moments perdus; Mais voilà tout.

CASSIUS

Byrrha! viens.

BYRRHA.

Seigneur ?

CYTHÉRIS.

Viens, Hélène.

GASSIUS.

Reprends cette corbeille, et remporte-la.

BYRRHA.

Pleine?

(A lui-même.) Pleine : elle a refusé. — C'est trop injurieux !

(A Byrrha , qui s'éloigne.)

Reviens ici , Byrrha.

CYTHÉRIS, bas, a Hélène.

Vois, il est furieux.

Fais suivre par mes gens cet homme au teint de bistre. Cassius parle bas, c'est quelque ordre sinistre... Va, que je sache tout.

CASSlUS.

Byrrha , j'avais raison ,

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