‹ Le testament de Jean-Jacques Rousseau,Chapitre 2 sur 2 · II. anm ( t. Victor de Saint-4 îenis, // . t. III. i · texte numérisé non relu

II. anm ( t. Victor de Saint-4 îenis, // . t. III. i

p. lott, note.

V I h Rappoi I -'/

-./ fi du 27 juin 1737, Ri voire, notaire;

(présenté à l'Académie des sciences, bell

journal d< bér) d< 13,

Lô et 17 septembre 18

Albert Metzger, / w< \ M de Warem 1726-1754, Lyon, 1888, p. 32-44. François Mugnier, .1/" ./.-./. fi

i / i>i, , t critique, Paris, 1891, p. 149-152

Vingt ans plus tard, le 8 mars 1758, Rousseau, aloi malade, mande chez lui le notaire Kegnard »,r deux témoins, i M Pierre du Quesne, procureur au bailli.- taguien, et

Barthélémy Têtard, maçon. Un acte est dressé, par lequel le citoyen de Genève reconnaît que ses meubles, duement énumi q appartiennent à Thérèse Le Vasseur, fille majeure, qui les lui a prêtés pour son usage ■ »it qu'il est redevable envers la dite i Vasseur, sa domestique, de la somme de dix-neuf cens cinquante livre-, pour treize années d< depuis qu'elle

demeure avec lui en cette qualité jusqu'au premier mars dernier. Cet acte, publié par M. Paul Boiteau1 et dont la minute originale appartenait en 1886 à M. Léon Turquel, a Paris,

1 L'article de M. M. Guilland, A / •/.-•/. 22

dans l;i - décembre 1901, p. 385-400, ne

reproduit (p "•> qu'un fragment de Ut pièce.

.t. II. p. 4:-14-436.

qualifié « Reconnoissance <it obligation. » Dans l'intention de Jean-Jacques, il pouvait tenir lieu, en quelque manière, d'une

disposition testamentaire: même il imitait, dans sa clause la plus importante, le procédé auquel avait eu recours, en 1737, le notaire de Chambéry et consistant à affirmer l'existence d'une dette dont la régularité paraissait contestable. Etait-ce simplement une expédition de cette pièce, ou bien un véritable testament, olographe, qu'il confia à M. de Luxembourg, avec d'autres papiers1, au moment de quitter Montmorency, le 9 juin 1762? Nous l'ignorons, et nous voyons seulement qu'un mois après la mort du maréchal, survenue le 18 mai 1764, La Roche, le valet de chambre et « l'homme de confiance o de M"1" de Luxembourg, répondant à une réclamation de Rousseau, lui annonçait que le pli scellé s'était « trouvé dans un cabinet qui n'avoit pas encore été inventorié. Pour la formalité, en présence de M. le prince de Tingry, [de | Madame la maréchale et des gens de justice4, l'on a ouvert l'enveloppe, sans en ôter le testament, et. recacheté îles armes de Madame la maréchale, il m'a été remis tout de suite. » Et La Roche sollicite à ce sujet les ordres do son correspondant8.

Si ce deuxième testament était distinct de l'obligation notariée du 8 mars 1758, on doit admettre qu'après l'avoir reçu a Môtiers, Jean-Jacques le détruisit, par le motif que. entre temps, il (Mi avait l'ait un troisième, celui (pie je publie aujourd'hui et dont aucun biographe, jusqu'ici, n'avait eu connaissance.

Dès le mois de décembre 1762, I»1 philosophe proscrit communiquait à Milord Maréchal son intention de laisser son modeste avoir à sa gouvernante: il lui confiait également ses préoccupations au sujet des revendications possibles de ses parents de Genève et d'une formalité qu'il appréhendait, celle de l'apposition

1 «Cartons et paquets «le papiers numérotés. (Lettre du maréchal, 23 juin 1762; <<. Streckeisen, -/.-•/. Rousseau, ses "mis et ses ennemis, 1. 1, ]>. 479).

2 Lettre du 22 juin 17UI (Ibid., p. 5< Le 11 juin, il lui avait écrit (p. .~>o2) : « L'on n"a pas encore trouvé le testament; j'espère qu'il Be trouvera : il y a encore quelque[s] endroit[s] où Ton n'a pas tait de recherches.

i >n m ith

: nbre 1 1762], il écrit à *on : Je n'aime

h mettre les ch< fortune .1 • M Martinet '; y

1 |. puin - iij [>• ■«•j|. r de in- "1 1 III DMÛI je DUil I

ment ménager li te] qu'île m coûteront rien .1

votre gouvernant* leur. 1 I 1 loin,

I P ipte : .1 ulte* m

mû Moyennant an iBain, parente, s'ile voudroienl prendre votre petit h< n'auroient rien < tbligeamment il ajoute à m lettre un mo I disposition testamentaire, sans doute : Cinq joure après, il revient sur la question II n'j aura pe scellé .1 mettre. Quand M x mourut II ( ouvet, on voulut mettre le scellé : son domestique tit voir l écrit de se main, et le scellé ne tut pae mie

1 11 nv.iit donné sa baron «I de Jean-Jacques, l'édition Du Peyrou r XV, 1782,

p. 160) liée qu'on lit dans It < orrespondanee, an nombre de21 Béa-

tement, proviennent de minâtes 00 de copi nés 00m

Nfeachàtel.

• Jacques-Frédéric Martinet, né en 1713, mort te 29 mai 1789, capitaine et châtelain du Val-de-Travers 17 seiller d'Etat parbn aldn

II Dovembre 1764, entériné le 17 déceml te de M. Arthur Pi archiviste d'Etat à Neuchâtel.)

'.. Streckeisen, op. cit., t. II. p. 76 Mes citations ont et but les mes. de Neuchâtel, ce qui explique les petites différences qu'elles présentent avec I imprimé. En particulier, keisen a Bouvenl

corrig inçais défectueux du maréchal <i

* Mémoire pour Monsieur Rousseau. — Il peut mire une déclaration, .1 forme di disposition testamentaire, portant

justice à M ... pour (on ttm$ qu'elle lui a n

1 qu'cUt qu'il dé

t, et qu'il pri\ tes plus

proches I ftat% qui tout...,

qu'il donne à chu - requérant tous

juges et magistrats, \ de dispoÈitioi

effet, et permeUn qm Mad*... soit nantie di tout -

et pays, dès le moment •> ne les [sic]

emporter avec elle. CarU na libre volonté.»

(Ibid., p. :;.. 76).

5 Ibid.1 p. 76; 14 décembre [171

Muni de ces renseignements, Rousseau se mit à l'œuvre, au bout de quelques semaines, en février 1763.

Un cahier in-4° de 22 feuillets, conservé à la Bibliothèque de Neuchâtel sous le n° 7848, renferme, fol. 2-17. la minute autographe des deux longues lettres (20 et 28 janvier 1763)1, où Rousseau, après avoir donné au maréchal de Luxembourg « quelque idée » de la Suisse et du comté de Neuchâtel. esquisse une description pittoresque du Val-de-Travers et la peinture amusante de ses habitants. Aux fol. 20 v°-22 du même cahier se trouve la minute de la « Réponse à M. Méreau2, sous-directeur des plaisirs et maître de danse de S. A. S. M. le duc de Saxe- Gotha, » du 1er mars 1763. Elle vient immédiatement après la minute très raturée et non datée du testament, qui occupe les fol. 18, 1!), 20 r°, et qui, par conséquent, a été certainement écrite entre le 28 janvier et le 1er mars 1763.

Après avoir rédigé l'acte de ses dernières volontés, Jean- Jacques le transcrivit, en ayant soin, sans doute, de le dater. Mais, cette tâche une fois accomplie, il n'était point tranquillisé et il continuait à s'inquiéter des difficultés qui pourraient se présenter au moment de sa mort. Peut-être se demandait-il aussi s'il devait conserver cette pièce chez lui ou la déposer ailleurs. Le 14 août 1763, il recommande à M,n" Boy de la Tour la « pauvre fille qui soigne depuis si longtemps ma misérable machine, » pour le cas où elle se trouverait « seule et sans position dans un pays si éloigné du sien, » et il ajoute : « Si nous étions à Yverdun [domicile de la famille Moguin], je serois bien tranquille, mais ici, au moment où j'aurai les yeux fermés, on la dépouillera de tout. J'ai fait un testament, mais puis-je espérer qu'on y aura le moindre égard? Quelque défaut de

1 (K livres, édition Hachette, t. XI, p. 15-24, 25-32.

2 Ibid., p. 44-4(>. — On voit que cette lettre, bien connue, n'est pas adressée « à M. Marcel, > comme le portent les éditions modernes de la Correspondance. Du Peyrou (édit. in-4°, Genève, t. XII, 1782, p. 315) avait imprimé : « A M. M***. » Mais Musset-Pathay (Hist. de la vu et des oucrayes de J.-J. Rousseau, 1821, t. [, p. 391; t. II, p. 220: — Œuwes de J.-J. Rousseau, t. XIX, 1824, p. 498) s'est figuré que le destinataire, étant « élève et parent de Marcel, » devait porter le même nom que ce dernier, et il a traduit par «Marcel- l'initiale M. L'erreur est reproduite par Quérard, France littér., t. VIII, p. 211, w lo.

fbrinaliti nnuller cl <»n ; m profiter

de ii. de nom

à Miloi i im répond

il I limboui \ oun I □

de foi pour vi tite ku<

un • m lainsj ai Ml m a?ea

ju8ti< troil point trompe,

arrivé .1 la mort d'ui cria par

. bonnéte nomme, qui, bien aise de

mieux exprimer, |<1«'| m M 1. \ as» ur à l'abri

vexations de ce qu'on appelle la justia nou-

velle démarclie du gouverneur d principauté uchâtel,

Rousseau le remercie en ces term< - : J< buis touch< <|u«-

vous avez écrit à M le conseiller li«>; de mon

iment. Je compte, -1 ets un peu, Palier voir

Saint-Aubin, pour en c r avec lui *.

l».-in> la correspondance imprimée, il existe un*' lettr à M. Martinet, châtelain du Val-de-Travers. Jean-Jacqu<

are qu'il part - pour la patrii unes jusfc - et qu'il

laisse en toute confiance Thérèse sous la protection d< magistrat. Tout l«i monde, dit-il, approuvera ce que vous aurez fait pour elle, et Milord Maréchal, irticulier, vous

en saura gré... Je vous fais remettre un testament <}iii peut n'avoir pas toutes les formalités requises; mais >'il ne contient rien que de raisonnable et de juste, pourquoi i rait-on ?

Je me fie bien encore à votre intégrité dans ce point

< ette lettre ne portant aucune date, on ne saurait <lir»' ^i elle est antérieure ou postérieure à la démarche projetée auprès de M. Rougemont et s'il faut la class -u en L764. A-t-elle

1 Lettres <î> •/.-•/. / à M B publ. par H. de

Rothschild, L892, 1». 54.

- François-Antoine Rougemont (1713-178É seiUer d'Etat il

3 (.. Streckeisen, t. II. p. 98.

4 û 'dit. eiU >•. r. XI, p. mars 17' Œuvr< s, t. XI, p. Bl.

La place (milieu de l'année 1763) 'iue les éditions lui assignent en général est purement arbitraire. — v >ir qoe cette lettre était déjà

connue, G. Streckeisen l'a donnée de nom eau. Œ inédites, 1». U6, avec la date 17<;4 ou 17U5. >

môme été réellement expédiée à M. Martinet? Une Incertitude subsiste à cet égard, le texte manuscrit, signé, que la Bibliothèque de NeuchâtH en possède, pouvant être aussi bien une copie autographe, conservée par son auteur, qu'un original dont il a ajourné l'envoi. Je pencherais volontiers pour la seconde alternative, vu le manque de date : Jean-Jacques se sera réservé d'en mettre une le jour où, dans une forte crise de souffrances, il se déciderait à accomplir son dessein, et ce jour n'est pas venu. — Si, au contraire, le dépôt a réellement eu lieu, on doit alors admettre qu'au moment de quitter le Yal-dc-Travers Rousseau aura demandé au châtelain la restitution de son testament1.

Il l'avait en effet à Wootton et. le 27 mai 176b. il le confia- luimême à son bote, en accompagnant le pli d'une déclaration ainsi conçue :

« Comme je suis sujet à des attaques d'une maladie qui peut m'emporter brusquement, lorsque j'y penserai le moins, je demande à Monsieur Davenport de vouloir bien être le dépositaire de mon testament, que j'ai fait il y a trois ans, en attendant quej'aye le loisir d'en faire un autre. Je lui demande aussi, au cas que je vinsse à mourir, s'il voudroit bien être le protecteur de M,le Le Y tisseur, ma gouvernante, et prendre tous les soins nécessaires pour la renvoyer en France avec tous ses effets. Si Monsieur Davenport veut bien se charger de cette bonne œuvre. je lui en serai très obligé, et je n'aurai plus d'inquiétude sur If sort de cette pauvre fille, qui seroit fort embarrassée4 et fort malheureuse, si elle venoit à me perdre dans un pays étranger, où elle ne connoît personne et dont elle ne sait pas la langue. »

Une autre note3 montre que le pli fut ouvert le 8 juin 1771.

1 Une allusion à cette pièce se rencontre encore dans la lettre du s août 1765, relative au pasteur de Montmollin et rédigée pour être insérée dans le second opuscule de Du Peyrou : « M. de Montmollin. ; dit Jean-Jacques, « vouloit savoir toutes mes affaires, connoître tous mes correspondais, diriger, recevoir mon testament, gouverner mon petit ménage : voilà ce que je n'ai point souffert. » {Œuvres, t. XI. y. 2<;<;.i

2 « The will of M1 Rousseau given into my hands by himself Munday ii7"' of Ma y 17l»(i. Ilich'1 Davknport. »

3 <- Opened .lune 8th 1771 by M1' Mainwaring and sir Wna Bagot, and sealed again immediatlv. »

Richard Davenjx ; Mainwaring

William liagol iyanl constate* qu i ne p nf< rmait riei ivL-itii ■ .1 leum pup ini dou héritier

enport, il* le Replièrent de nou tetm i ix .ui^ apn

mort de Ito l< ménx Ba 01 d< ■ • du l/>rd I'..-. ot e (il

omettre |< i. dament qu'il uri( ux l-t-il eu

Miin de le rendre ensuite au m< m lille Davenport qui

le lui ;i\;nt communiqué, <>u bien le document «rait-il dem< parmi nen propre» archive* de fan i renseignements

font défaut pour répondr tte question. Lorsqu'en iv7i lu

Britisfa Muséum arqmt. chez un libraii Et Davenport par plusieurs correspondants et quelques papiers laisses par Jean-J à Wootton, il > avait lans la lii

diverses annexes1 que je viens de signaler, et aussi une enveloppe portant la suscription Testament de Jeao-Jacqm - Rousseau, citoyen de Gen eloppe ' était

Au cas ou l'on remettrait un jour la main sur l'acte qu'elle contenait, il est certain qu'on y trouverait |<

février 1763, avec les modifications de style que Rousseau apportait toujours a ses brouillons quand il les recopiait.

Hu Peyrou connaissait le testament de Bon ami, puisqu'il a imprimé la réponse h Iféreau, tirée du même manuscrit Mais

il n'en parle pas, et même il considère4 quatre ou cinq lignes*

Sir William Bagot, 6' baronnet, M. P. 1754-1780, créé baron 1;

1708 I Debrett's Peeragt, 190 \ild. ms. 29627, fol. I, déclaration de J.-J. Rousseau; fol. 2. : 27 mai 1766 et 8 juin 1771: — fol. 4-8, deui lettres d'Ed. Bfainwaring à [J. Davenport], 18 août et 18 septembre L 784, au rajet du désir exprimé par Lord l;. '. et deux minutée de lettres d< renport

tembre 1784, destinées Time à Ed. Mainwaring, i" Lord Bagot

1 //>/</.. fol. 3. Le Catàlogut ofadà ti<>

liritish M us \ 1854-1875, vol. II, Londre>. 1877, indique.

p. 686, Â.dd. ms. 29627 : Will ofJean Jacques Rousseau. Fr. Holograph; without signature or date. » La pièce ainsi désignée n'est autre que la déclaration (fol. 1 reproduite plus haut et qui accompagnait le testament proprement dit.

1 s a le pari ichàtel ?e, 1790, in-80;.

- prélim p. y.

CE ï, t. \11. p. I

de la lettre du 12 janvier 1769 comme devant « tenir lieu de testament. » A la vérité, l'acte de 170:-; n'était qu'une minute sans date ni signature, et la transcription plus régulière, remise à Davenport, a pu demeurer inconnue à Du Peyrou. Néanmoins on ne s'explique pas pourquoi il a gardé le silence sur cette pièce : peut-être Pavait-il oubliée.

Dans son dispositif, comme dans sa rédaction, le testament du philosophe, semblable à sa vie, est d'une simplicité qu'il a voulue : il s'applique à ne dire que le strict nécessaire, sans phrases superflues. Mais comme son infirmité lui causait de continuels soucis, il a profité de l'occasion pour exposer le résultat de ses observations personnelles, avec plus de détails et de précisions que dans ses Confessions et sa correspondance. Le document constitue, par là, une adjonction * notable au dossier dispersé qu'on possédait. Bien que la maladie de Rousseau ait fait l'objet, depuis soixante-dix ans, d'un grand nombre de mémoires et d'articles, la discussion sur cette question controversée n'est probablement pas encore close. Pour le moment, l'opinion qui paraît prévaloir dans le monde médical est celle du Dr Régis, professeur adjoint à la Faculté de Bordeaux : d'après lui, l'auteur du Contrat social et d'Emile était « un neurasthénique artérioscléreux » et il ajoute que « sa neurasthénie fut surtout une neurasthénie psychique, avec son état mental et moral, son hvperesthésie émotive, ses obsessions et ses phobies caractéristiques2. »

1 Une lettre de Jean- Jacques, du 10 mai 1758, à un médecin qui n'est pas nommé, renferme aussi des détails à relever; ils ont échappé au\ spécialistes, parer que cette lettre ne fait pas partie i\vs éditions coulantes de la Correspondance. Elle n'a été imprimée que dans les Œuvres inédites, publiées par Musset-Pathay, L825, t. I. p. 36, 37.

1 Voy. I)1" E. Régis. Etude médicale sur J.-J. Rousseau, six articledans la Chronique médicale, Ier février. Ier et lô mars. Le« avril. 15 juin, 1M juillet moi»: et La neurasthénie de J.-J. Rousseau, dans la Revue philomatique de Bordeaux et du Sud-Ouest, 1er juillet 1900; tirage à part. m- de 15 p.: Gr.-J.-M. Sibiril, /liston;- médicale de Jean-Jacques Rousseau. Thèse pour le doctorat en médecine. Bordeaux, 1900, in-8° de 161 p.: — Dr Cabanes, /.'■ cas pathologique de J.-J. Rousseau, dans Le cabinet secret de Vhistoire, 36 série, nouv. édit., Paris. 1905, pet. iu-8°,

.i mourir ni

. t quelque arg< ni com| men! tonte ma

succession, • I ce n tamenl pour

si peu de cho» M n doia dûp

selon les loii de la 'reconi J'eapère 'qu'un motil n

juste rendra m quoique

peutn trt elle ne wil p *' requiaes ••il pareil c

J'institue et nomme pour mon unique héril • - taire

p. iii 58. I ».i n - la première édition 1 1 SUÉ (p, 1-171 pour titre

i> ur infl impagné de I luction de |>!

i Bupprin

Parmi les études plus anciennes, on lu profit on bon articl*

M. Henri Jolj 1. 1 folie de 2 -J. R

Franc* etde- juillet 1890) Il répond I celui que Perd. Bi

tière ;i écrit bous le même titi boquante < /

1890; — J de la

L891, | 1 1j p< n >i'i> ./' fa osai

paw l «es ii"' s italiqui • la plupart

mots ou dès phrases biffées par I les lettres A. B, ' . indiquent

l'ordre successii des rédactj abandonnée

dispot | an.

1 ih la JUS \ ai l.i

* que ce motif rendra.

7 quand »ic>it< >/ wtanqu hé [remplacé ensuite par manq " par I formes [ensuite formalités] sont si bruyantes et avec

wins [ensuit Mes, il [ensuite on]

'aisser nullité, qu'en

■ 't " 7" mit, y n pareil cas (A) — ae

nullité, qu'un paner' ma - B) — Je

lis uu devoir inà et je

r [ensuite : à) l'honnêteté publique

universelle Thérèse Le Vasseur, ma gouvernante, voulant que

tout ce qui m'appartient, de -quelque nature et en quelque lieu quil soit, même mes livres et papiers et le produit de mes papiers, lui appartienne comme à moi-même, et bien fâché de ne pouvoir 'payer d'une manière plus avantageuse et plus digne de son zèle vingt ans de services, de soins et (rattachement, qu'elle -'ma consacrés3.

J'exclus de ma succession tous mes parens, en quelque degré qu'ils soient, notamment les deux plus proches, savoir Susanne Gonceru, née Rousseau4, ma tante, et Gabriel Rousseau", mon

1 pas reconnoître.

- a passés près de moi.

■'■ A\;mt comme après son testament, Jean-Jacques se demandait souvent ce que deviendrait Thérèse, une t'ois seule Voy. les Confessions, livres XI, XII, et les lettres des 23 décembre 1761, 1"' et 25 aoûl 1763, 15 décembre 17<i:i. 2 1 janvier 1765, 23 février et 31 mai 1766, 25 juillet 1768 (Œuvres, t. IX. p. 12, 69; t. X, p. 292-293; t. XI, 1». 81, 82, 85, 1<»7. 202, 313, 347; t. XII. p. 88).

1 Susanne Ilousseau. net' lf 13 février Ki's2. avait plus de 48 ans

lorsqu'elle épousa, à Genève, le 2 1 août 1730 (contrat du 8 août, Minuits de Mme Fornet, notaire, vol. XLIX, fol. 102v°-103r°), Zsoac-Henri Goncerut, tils de U'u Louis, en son vivant châtelain de Crassier et bourgeois de Xvon. Mlle vêtait jusqu'au 11 novembre 177 1. Son mari, baptisé le 2!» octobre L683, était un peu plus jeune, et Jean-.Iacqiies n'avait pas oublié ce détail (Confessions, livre I; Œuvres, t. VIII, p. 3). Le 2!) janvier 1768, alors qu'Isaac Goncerut était mort depuis dix-neuf mois (28 juin 17(!(i). il le (lovait encore vivant (Œuvres, t. XII, p. f><>).

Jean-André De Luc. nui avait fait un séjour a Môtiers, du 22 ou 23 novembre au 7 décembre 1763, écrivit de Genève à J.-J. Rousseau, le 13 décembre, pour le remercier de son hospitalité. Sa longue missive contient ce passage : « J'ai eu l'honneur de remettre moi-même votre lettre [lettré inconnue] à Made Gonceru : elle pleura de joie en entendant prononcer votre nom. en voyant votre lettre et en écoutant la lecture qu'elle me pria de lui (mi faire. Elle s'étoit tlattée de voir encore une fois son cher neveu et d'apprendre de lui la vérité de bien des choses qui le concernent et qui lui etoient parvenues très défigurées. .l'ai Suppléé à une partie de ce qui lui rendoit l'absence et le silence de ce neveu fort afïïigeans; mais elle ne >e console qu'avec peine de ce qu'elle comprend bien que probablement elle ne le re\erra plus. Malgré son grand âge, elle continue à faire seule ses affaires, tant au dedans qu'au dehors de la maison, mais M'- Gonceru ne sort presque plus. (Mss. de la Bibl. de Neuchâtel.)

• Gabriel Rousseau, orfèvre, né en 1715. mort en 1780 sans postérité,

n l" i main l< m • - de légitfn

par mépris m dérision, naaii pour o i

.1 .h plusieurs amii 1 1 pai miîh tendn ment

attaché, et auxquels je voudroû pouvoir 'laisser <|iwi<:

louvenir, entre autn ms tante ru, ci -devant

nommé laquelle s i in «!«• mon enfat m'a donné

.•h tout |Nl"

.Iran Rousseau . «i111 ' *1 & Londres et ô mon digne ami Monsieur

était ftli de David Ko Une lettre qu'il adressa à Jean-Ja k la Bibl. de Neuchatel il rappelle q m cousin, alon .1 Montmorency, il n'.i p dit-il sussi, 'i1"' voudrai bien me continuer nitié dont voua m'honorâtes Ion de votre séjour à Genève, l je n'oublierai jamais. »

Jean Rousseau, 1724-1795, -t.ii.li .1 Londres, cousu issu de germain de Jean-Jacques leurs grands-pères, David Rousseau, 1641- Noé

Rousseau, L645-K ient frères. Dix-sept lettres de -I « -;i 1 1 Rousi

à l'auteur d'J ■•• trouvent .1 Neuchatel, toutes éerites de Londres

(1761-1766), -..ut une d'Aubonne (Vaud), mai 1764, an retour d'une visite .1 Môtiers. M. Bug. Elitter en ;i publié quelques extraita dans Ti Alliance libérah des 9 mars et 23 août 1884.

Théodore Rousseau, 1729-1807, — que le testament ne —

frère cadet de .Iran, rat également en correspond se le philosophe,

auquel il adressa neuf lettres de L762 a 1766 (Bibl. <1«' Neuchatel). Vby. Eug. RiUer, ibid., n du 23 août 1884. — En 17>»;. il demanda qu'après la mort de Thérèse, le capital de 24000 livres, dont elle recevait l'inl

les six mois, fût remis aux parais de J.-J. Rousseau, <>^t-à-«lir*' à lui et à Bon fils Jean-François (176 Jean Rousseau, de Lon-

dres, et .1 Jean-François-Xavier Rousseau (1738-1808), consul «le France à Bassora, aussi cousin issu de germain de Jean-Jacques. L'année suivante, on songeait à leur céder la moitié de cette somme : Paul Moultou et Du Peyrou y consentaient. Aucune suite, cependant, ne fut donnée à ce projet, et Ls question ne se Bersit même pas 1 - ment de 17«>3

avait été communiqué par les héritiers de Richard Davenjiort aux parents ou aux amis de J.-J. Rousseau, au lieu de rester inconnu pour eux. — Jean-François Rousseau, fils de Théodore, ne renonçait pas entièrement

- prétentions en 1795 et en L801. — Voy. ms. 7i»23 de la Bibl. de Neuchatel, fol. 152-159; — / < de Du Peyrou. en tète

son édition de !.: 3 le parti' -. p. \ 1 - \ 1 1 1 : — ms.

i'r. 235 de la Bibl. de Genève, fol. 63, 64 . 102, 107, 109, 120

Moultou. Mais la crainte de soumettre l'exécution de nies dernières [volontés1! à des formes et procédures qui consumeraient le peu que je puis laisser m'empêche d'altérer pur aucun legs la simplicité du présent testament, et je prie en généra] tous ceux à qui j'ai été attaché de mon vivant de croire que ce8 même attachement restera dans mon cœur jusqu'à "mon dernier soupir1.

L'étrange maladie qui me consume depuis trente ans et qui, selon tout*4 apparence, "terminera mes jours est si différente de toutes les autres maladies du même genre, cavec lesquelles les médecins et chirurgiens l'ont toujours confondue, que je crois qu'il importe à l'utilité publique qu'elle soit examinée 7après ma mort dans son siège même. C'est pourquoi je souhaite8 que mon corps soit ouvert, par d'habiles gens s'il est possible, et qu'on observe avec soin l'état du 'siège de la maladie, lodont je joins ici la note pour l'instruction des chirurgiens. [Les parties malades doiventn| être affectées "d'une manière bien extraordinaire, puisque, depuis vingt ans, l:îtout ce qu'ont fait les plus habiles et savans artistes pour soulager mes maux n'a fait constamment que les irriter1*. Je déclare au surplus n'avoir jamais eu aucune des maladies" qui "'souvent donnent lieu à celles de cette espèce.

1 Mot omis par Jean-Jacques.

2 On pourrait aussi lire « le ».

;: son dernier.

1 et que je mourrai avec h' regret de ne pouvoir leur en donner </<■* marques.

"' est née avec moi.

'"' M s. : et avec.

7 par les gêna de Vort.

s s'il y a d'habiles yens à portée. Rousseau a négligé d'effacer cette phrase.

0 col de la vessie, delà prostate <t de l'urètre, état qui doit offrir (Ai — parties qui doivent ( B) être.

10 selon ta note ci-jointe.

11 Mots omis, qu'il faut suppléer pour compléter la phrase.

12 bien extraordinairement.

13 tout ce qu'on a fait pour soulager.

14 et que j'ai beaucoup moins souffert.

15 vénériennes.

"'' pour l'ordinaire.

en <il|nl

que i'* dis i

que point, refusé '!•• me

croire, et il II un; lerchenl p i

11] ~l |K)illl i

pourront être levés sur ma succrsHion, m

\» t. m. irticle une condil tielle

de mon testament Je dis en ceci non ce qu< que

luhaite pour l'instruction publique, et autant que cela pourra écuter coiumodémeni

Ml 3 a vingl ans que je suis tourmenté d'u dont j'ai même eu des atteint mon ei

temps attribw M Morand habiles

chirurgiens trayant jamais pu me sonder, je suis rtain

sur cette cai qu'enfin l< bout

1 a . >l, bon)

nit, n,t plus à V i * .1 ,"< î/ /.•

nir] aux fra

•h Vou /-> une condition. — \'< ■> oublié

de biffer cette première rédaction, en écrivant la seconde dans la m v. ront fou ru 8 Vouvertun

i /><(ft à\ mon If i B Noti .h .i stament

Sauveur-François Morand (1697-1773), docteur en m< . chirur-

gien en chef de l'hôpital de la Charité, puis <!•• I'h6tel des Invalides, membre de l'Académie des sciences et secrétaire général de l'Académie de chirurgie. — Cf . < livre VIII; < ï, t. VIII, p. 256, 21

10 Jean Baseilhac (1703-1781), connu sous le nom de frère de Saint- ( ôm< ftme, depuis Bon entrée (1729) dans l'ordre des feuill

inventeur du : lithotome i et d'autres instruments ou procédés.

L< s s (livre XI; Œuvres, t. IX, p. 21) placent au printemps

de 1762 les visites du fin les-ci remontent au mois de

juin 1761, comme le prouve une lettre ii • du 18 juin 1761,

qui a passé dan- deux ventes d'autographes, 2~> mai-4juin I B52 Laverdet), n 1569, et 28 avril 188 iv), n 116. Vov. aussi une autre

d'introduire une1 algalie très menue avec laquelle il s'est assuré qu'il n'y avoit point de pierre. Mes rétentions ne sont point par accès comme celles de ceux

qui ont la pierre qui tantôt urinent à plein canal et tantôt n'urinent point du tour. Mon mal est un état habituel, .le n'urine jamais à plein canal et jamais aussi l'urine n'est totalement supprimée, niais le cours en est 'seulement plus ou moins embarrasse, sans être jamais 'entièrement libre. lde sorte que j'éprouve une inquiétude, un besoin presque continuel, que je ne puis jamais bien satisfaire. Me remarque pourtant dans ces inégalités un progrès constant, par lequel le til de l'urine diminue d'année en année, ce qui me fait juger qu'il finira tôt ou tard par être tout à fait arrêté.

Il y a des embarras dans le canal de l'urètre et les bougies suppurâmes de M. Daran8 m'ont quelquefois procuré un peu de soulagement, mais leur lon^ usage, loin de continuer à me soulager, m'a toujours nui, et même, leur introduction devenant chaque jour plus difficile, il a fallu les faire de jour en jour plus minces, et enfin les quitter 7par longs intervalles, pour les "reprendre ensuit*1 avec 'moins de difficulté.

Il m'a semble que l'obstacle qui s'opposoit à leur introduction s'enfonçoit toujours plus dans la vessie, de sorte qu'il a fallu

lettre au même, «lu 7 juillet 1761, imprimée dans U Amateur d'autographes, 1863, p. 323, et la Correspondance générale, 30 octobre 17<>1 (Œuvres, t. \. p. 276). Ainsi L'accident, — s un bout de soude molle resté dans le canal de l'urètre,» — dont Rousseau parle à Moultou le 12 et le 2:; décembre 17(il (ibid., p. 286, 2U1), survint cinq mois après l'examen auquel le frère Côme avait procédé à deux reprises, et non pas

longtemps avant, comme le disent les Confessions.

1 Ms. : un algali très menu avec lequel.

- toujours embarrassé plus ou moins.

3 libre.

4 et son i'iJ diminue i><<r un progrès sensible, mais inégal, de sorte que quelquefois.

'' mais comme je m'aperçois du progrès (A) — comme le fU de Vurine diminue toujours, il y a (B).

8 Jacques Darau (1701-1784), l'un des chirurgiens du roi, propagea, contre les rétrécissements de l'urètre, l'usage des bougies emplastiqw

7 tout à fait.

s introduis .

'•' plus de.

<l un née en ani plus l<*

derniers temps, D'en trouvant 'pus qui !•• fussent • m<

vhi> ;i\ jfé d<- II

Les bains, les diurétiques, tout ce qui apporte ordinairement du soiiI.il" m- n: .-. amaii fait qu'aug-

meni miens, : e m'a procuré le moindre

Koulageraent Les médecins et chirurgiens n'ont l'ait Mir

mon mal que des raisonnement fiar lesquels ils cher-

choieni bien plus à me 'consoler qu'à m'instruire Paul ivoir guérir le corps, ils ont voulu ne mêler Leurs

soins n'ont pas plus profité à l'un qu'à l'autr u l"-;m-

coup plus tranquille « i • * p » 1 1 1 - que i m< suis pas

Le frère Côme «lit avoir trouvé la prostate fort grosse, fort dure et comme Bquirreuse; c'est «loue là qu'il faut porter observationa Le siège du mal est certainement dans la prostate, ou dans le col de la . ou dans le canal de l'un

probablement dans tous les trois. C'est là qu'examinant l'état des

parties ou pourra trouver la cuise du mal.

Ii ue faut point chercher cette cause dans 'l'effet de quelque ancienne maladie vénérienne, car je déclare n'en avoir jamais eu de cette espèce. Je l'ai dit 'aux artistes qui m'ont soigné. .l'ai jugé que plusieurs d'entre eux ne m'en croyoient pas. Ils ont eu toit. 'Cet avantage n'étant un effet que de mon bonheur ne peut 'm 'attirer aucun'- i de louangi >it qu'on m'en

croie, ou qu'on ne m'en croie pas, je crois devoir confirmer ici la vérité que j'ai déclarée, afin qu'on n'aille pas chercher ,fà mon mal une cause qu'il n'a point eue.

1 pilus

»t, /• det alonge* (A) — j'ai tro<> df le- alonger.

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