K M. 1)F CRAC
Méchanceté de ma part, Je suis i,niillar(i!
a .lansc on mosino sm- lu rUonrnello .n faisant vis-à-vis à Thibaudc, <'t f.ni par tomber sur lo pi.Ml do Glucorat, .pio cela rôvo.llc brusquement.
CttlCORÀT, cherchant dans sa poche
Méthode incorrecte, mais du brio. Comment, à votre âge et fort comme vous l'èlcs, n'avez-vous pas honte de men(her dans ce costume de carnavar?... Tenez!
Il lui prôsi'Tito un'^ pièce de monnaie. ISOLIN.
* D'abord, mon brave homme, gardez vos quatre sous,, je ne suis pas un mendiant.
CHICOHAT.
J'aime cette noble tierté!... Permettez-moi de vous débarrasser de votre armoire à glace.
Il lui prend sa lyre et valu déposer dans un coin. ISOLIN.
Quant à ce costume que vous qualifiez de carnaval, c'est le mien, je n'en ai .jamais eu d'autre.
CHIGORAT.
Je pense que vous parlez au figuré?
ISOLIIN.
Non ; à l'âge de sept ans, alors que je sortais des mains des femmes, ou me passa dans ce pourpoint que je ne quittai plus.
CHICOUAT.
L'étoffe a dû beaucoup prêter.
12 LE TRSTAMEXT ,
ISOLIX.
J'étais à mômo de remplir mes engagements.
CmcORAT, à part.
Ce jeune homme me confond! Sondons-le adroile-nent. (Haut.) Voyons, ce n'est pas toul ça, qui êtes-vous? d'où sortez-vous? que voulez-vous?
ISOLIN.
Est-ce à monsieur le garde champêtre que j'ai l'honneur de parler?
CHirORÂT.
Insolent!
THIBAUDE
Monsieur est le tabellion.
ISOLIN.
Il n'y a pas de sot métier.
Us se saluent.
CHICORAT, à part.
Il est élevé.
C'est donc comme ami que vous m'interrogez?
CHICORAT.
Je fais mes réserves
ISOLIN.
Il me sera facile de vous répondre. Fils de troubadour troubadour moi-même, je me présente à vos suffrages.
CHICORAT, A part.
Je m'en doutais.
DE M. DE CRAC 1;i
ISOLIN.
La lionne reine Marguerite do Navarre m'ayant entendu chanter...
CIIICORAT.
Pardon, où prenez-vous la roino ?^Iarguerite de Navarre?
ISOLlN.
En Navarre, naturellement.
CHICORAT, à part.
Ce naturellement me confond. (Haut.) Continuez.
ISOLIN.
La reine Marguerite m'ayant entendu chanter un lai cadensé...
Condensé!... lait condensé!
ISOLIN.
Oui, cadensé... me prit en amitié et me nomma son ménestrel.
THIBAUDE
Seigneur! mais quel âge avez- vous donc?
ISOLIN.
Je dois flotter entre vingt-cinq ou vingt-six, étant né on quinze cent sept, on huit.
CHICORAT.
Mais nous sommes en dix-sept-cent cinquante et un.
ISOLik.
Heih?... en dix-sept?... Mon médecin me l'avait bien dit qu'un jour ça m'arriverait...
GHICORAT, à {.art.
J'appréliende un mallieur.
isoLÏN.
Fatale maladie!
CHICORÀf.
Quelle maladie?
ISOLlisf.
Des accès de sommeil étonnants. Figurez-vous, mon cher monsieur, qu'il y avait des nuits que je dormais quinze jours de suite sans débrider.
THIBAUDE
Ah ! c'est-y drôle !
ISOLlN.
Enfin, ça allait toujours croissant. Ah! mon médecin ne s'est pas trompé. La mémoire me revient, je me rappelle.
GHICORAT.
Allez!... Je suis préparé à tout,
ISOLlN.
Je me rappelle qu'en 1532, je me suis endormi dans la salle des Étals, et ce qui confirme mes souvenirs, c'est que je me suis réveillé dans des ruines, et qu'un arbre gigantesque me couvrait de ses ombrages.
DK M. ])K CUAC 15
CHICORAÏ, A part.
Serait-ce un de Crac? (naut.) Oserais-je vous demander votre nom ?
ISOLIN, passant h droite*
Isoiin deCastafioI, seigneur do la Bourde et d'autres lieux.
CHICORAT, a i>urt.
Je respire, ce n'en est pas un.
THIBAUDE
Gastafiol! Joli nom!
ISOLIN.
C'est celui de la branche aînée des barons de Crac.
^ Crac ! Voilà ce que je craignais !
THIBAUDE, à part.
Ah ! ça l 'est !
CHICORAT.
Avez- vous des papiers pour établir votre identité?
ISOLIN.
Je n'ai pas de papiers, mais je suis couvert de parchemins, voyez plutôt.
Il tire d'un étui à congé militaire une immeftse pancarte, que Thibaude prend par un bout et déroule.
CHICORAT, lisant.
Baronus Cracus.., C'est du latin, c'est comme si c'était de l'hébreu, cela me suffit, (a Thibaude). Mets cela aux archives.
* Thibaude, Chicorat. Isoiin.
(Thibfiude jette la pnncnrte dans la cuisine.) Non, ÇR ne mesuffitpas;
si VOUS c'tos réellement un de Crac, vous devez connaître une chanson de famille que mon noble ami chantait le dimanche, après dîner. (ll fredonne les premières mesures.)
THIBAUDE
Ah ! oui, je la sais.
ISOLIN.
Si je la connais!... On me la chantait au berceau... (Passant nu milieu. — A Thihnude.) avant même... d'être au berceau. (a part,) Qui est-ce qui ne connaît pas cette chanson-là? (Haut.) Je vais vous la chanter... et vous ferez chorus.