‹ Le Testament de M. de CracChapitre 20 sur 32 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

ISOLIN, CAPOULADE.

CAPOULADE, sans accent.

Vous comprenez bien, mon bon, qu'un de nous deux esi de irop sur la terre.

ISOLlN.

Parfailemeni, monsieur, mais ça n'est pas moi.

CAPOULADI.

Ail çà ! mais vous n'avez plus votre accent aux ehoux.

ISOLIN.

Mais ni vous voire accent de la Garonne.

CAPOULADE, le prenant par le bras. — Ras.

Tu n'es qu'un intrigant.

ISOLlN.

']"u n'es qu'un filou subalterne.

CAPOULADE

Vdi> un mot de plus! Un de nous deux doit rester sur le carreau.

ISOLIN.

Un duel !... Pardon, monsieur, procédons régulièrement, comme de» gentilshommes.

CAPOULADE

Soit, monsieur, procédons.

ISOLIX.

Votre jour?

CAPOULADE

Aujourd'hui.

Votre heure?

CAPOULADE

A l'instant même.

ISOLIN.

Je craindrais de n*être pas exact, ma montre est arrêtée.

CAPOULADE

J'y aurai égard.

ISOLIN.

Los conditions du combat?

CAPOULADE

Le sort les décidera! demandez! Croix ou pile?

ISOLIN, jetant une pièce.

Pile!

CAPOULADE

11 est pile ! Fixez les conditions.

ISOLIN.

A répée, trente pas, les yeux bandés.

CAPOULADE

Soit, bandez-vous les yeux, éloignez-vous de trente pas; je marcherai sur vous les yeux découverts.

DE M. DE CUAC i:{

Comment, les yeux découveris?

CAPOULADE

Je me les couviirai quand ce sera mou tour; vou> ;iv<-/ gagné, c'est à vous de commencer.

ISOLIN.

Elle est forte! Tous deux les ycuxl)andés!

CAPOULADE

Vous le voulez? ça m'est égal, (a part.) Je vais le pincer

Tous deux se Ijar.dcnl les ytus. — L'un près de l'autre et fuiaiiiil uc-

nu public. ,

[iOLlN.

(la y est?

CAPOULADE

(,!a y est.

ISOLIN.

Alors... lace à l'ace!

Ils ['irouettent ens-juiblc sur les tnloi-s et se trouvent dos 'i do*iSOLlN.

W a relions !

Ils ninrclient, \,nls tous deux se dégat'cut un œil. CAPOULADE.

11 regarde!

ISO î IN.

1! triche ! (ils se retournent vivement, puia se retournent en niortli.i. • et se cherchent l'épée à la main.) Ah! mtisseur de SUCCessioUs!

Mais approche donc, caj on!

Leurs épées se rencontrent ; ils ferrail'e:;t un instar.t.

ISOLIN s'arrête, retire tranquillement son bandeau et, tout rêveur, remet son épée au fourreau sans s'occuper de Capoulade, qui continue à sabrer dans le vide ! puis il se dit à lui-même :

Plus j'y réfléchis et plus je me dis : Isabelle est folle de moi, alors elle ne voudra jamais l'épouser; si elle ne l'épouse pas, il n'aura pas l'héritage; voyons donc, voyons donc, ça demande réflexion.

Il sort.

CAPOULADE, qui s'est dégagé un œil et a vu sortir Isoîint

Le lâche! il a peur!... 11 aime mieux m'abandonner le terrain... (Entendant la voix de Chicorat.) Le labcllion ! .. . (U donne des

coHps d'épée dans le puits.) Tiens, brigand! tiens!..

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