SCÈNE II CHICORAT, THIBAUDE, ISABELLE
CHICORAT.
L'émeute est réprimée; le peuple se laisse toujours loucher par le raisonnement. Voilà six mois que ces factieux viennent, après chaque son de trompe, déposer leurs impertinences à ma porte, et cela sous prétexte que Thérilier du noble baron de Crac ne se présente pas.
* Thibaude, Chicorat, Isabelle.
4 Ll^: TESTAMENT
THIBAUDE
Malgré les annonces que monsieur fait faire dans toul le royaume.
CHICORAT.
Et les insertions dans la Gazette de Hollande et le Moniteur de la tannerie. Que puis-je à cela, moi, maître Chicorat, tabellion royal, l'exécuteur lostameniaire, et, j'ose le dire, l'ami du noble seigneur, qu'y puis-je?
ISABELLE
Rien, et c'est bien ennuyeux pour moi.
THIBAUDE
Oui, puisque monsieur de Crac a mis pour condition que l'héritier vous épouserait.
CHICORAT.
La situation se dénouera aujourd'hui à quatre heures. Chose étrange, hier j'ai cru avoir trouvé l'héritier ; j'ai eu une peur... c'est-à-dire, non, j'ai eu une lueur d'espoir.
ISABELLE
Contez-nous ça, monsieur mon père ?
THIBAUDE
Oh ! oui, contez-nous ça 1
CHICORAT.
Oh! c'est bien simple. Hier matin, un homme qui vendait des canards s'approche de moi. Combien cette paire de canards ? lui deinandai-jc. — Trente-six sous. — C'est cher. —