TRAITEMENT
Le traitement du sarcocèle syphilitique est celui de l'hérédosyphilis en général. Nous le résumerons rapidement : le premier devoir du médecin est de prévenir les terribles conséquences de la syphilis héréditaire pour lenfant, en soignant la syphilis des parents, six mois au moins avant la fécondation : d'autre part en traitant la mère pendant toute la durée de la grossesse et le plus tôt possible, ou, si cette dernière est saine et que l'hérédité syphilitique soit purement paternelle, en traitant le fœtus par l’intermédiaire de l'organisme maternel. On fera ainsi, selon l'expression pittoresque de M. le Prof Pinard, de la puériculture avant la procréation, de la protection de l'enfance avant la naissance.
M. le Profr Fournier conseille de donner à la mère saine, alors que la syphilis est paternelle, le mercure qui, dans ce cas, est bien plus correctif de la syphilis que l’iodure de potassium, et il le donne à petites doses, le plus habituellement 0 gr. 025 de protoiodure par période de vingt jours, suivies de dix jours de suspension. — M. le Profr Pinard préfère l’iodhydrargyrate d'iodure de
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potassium, et il le donne de façon continue, sans intermittence, sous la forme suivante :
Biiodure d’hydrargyre........ ..... 0 gr. 10 D et SN ne AS 10 »
Eau distillée ou sirop simple......, 250 »
Eau desmenthe terres. 50 »
Dose quotidienne : 2 cuillerées à bouche pour la solution ; 2 cuillerées à entremèts pour le sirop, à prendre au milieu des repas.
D'autres donnent alternativement le mercure et l’iodure. M. le D' Barthélemy fait une injection sous-cutanée d'huile grise par mois, tout le temps de la grossesse.
Si le fœtus a été traité trop tard, ordinairement après le cinquième mois de la grossesse, et si l'enfant naît syphilitique, on lui appliquera le traitement spécifique, mais, à lui seul, ce traitement restera impuissant ; ce qu'il faut au petit syphilitique, c’est le sein de sa mère. Nourrir l'enfant au biberon, surtout loin de la surveillance maternelle et surtout dans un milieu hospitalier, au milieu des infections secondaires, c’est le condamner irrévocablement à mort. On le soumettra au traitement mixte, comme le font MM. Fournier, Taylor (frictions mercurielles et KD) : d’autres ont recours au traitement mercuriel seul (liqueur de Van Swieten, injections sous-cutanées de calomel, de biiodure, d'huile grise, de sublimé) que l'enfant supporte très bien même à dose élevée. — Le traitement devra être prolongé pendant au moins six semaines et repris par intermittences durant plusieurs années. On lui associera les toniques généraux. :
Enfin, si l'enfant nait sain, devra-t-on quand même le traiter ? « (4) un enfant né sain, en apparence du moins, d’un père syphilitique, ne sera pas traité, parce que nous savons que l'hérédité paternelle est beaucoup moins fatale que l'hérédité maternelle, et que, par suite, il a les chances d’avoir échappé à la syphilis.
Un enfant né sain, en apparence du moins, d'une mère anciennement syphilitique et n’ayant présenté aucun accident de syphilis
(4) M. le prof" Fournier. Gazette des hôpitaux. 1887, n° 150.
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pendant sa grossesse, ne sera pas non plus traité, bien que, s’il a des chances d’être syphilitique, il en a aussi de ne lêtre pas.
Un enfant né sain, toujours en apparence du moins, d’une femme récemment syphilitique, surtout si elle a eu des accidents vénériens au cours de sa grossesse, doit être traité énergiquement dès sa naissance, Car il est certain, malgré toutes les apparences contraires, qu'il est syphilitique et que sa syphilis latente, peut éclater à un moinent donné et déterminer des accidents graves, voire même mortels ».