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Le mercredi, 12 décembre, elle se leva comme à l'habitude à G heures, mais avec une céphalée violente. A 10 heures, la céphalée ayant augmenté, elle revint au lit. À ce moment, on conslala, la malade ne pouvant plus parler, que les maxillaires étaient contracturés. Plus tard apparut la raideur de la nuque.
La malade souffre peu, n'a pas de dyspnée ni de crises d'étouffement. Cet état se maintient pendant les journées de mercredi et de jeudi. |
Jeudi soir, 13 décembre, le médecin est appelé. Après examen, il porte le diagnostic de tétanos. Il prescrit un lavement au chloral, et vendredi soir, la dyspnée ayant apparu, la malade entre à l'hôpital où elle est admise dans le service de M. le D' Arnozan.
M. de Boucaud, qui la vit à ce moment, releva les signes suivants : « Projection du menton en avant, trismus, raideur de la nuque, ensellure très prononcée de la région lombaire; pas de contracture ni aux bras nifaux jambes; ventre souple, pas douloureux; cœur rapide, 100 pulsalions environ, régulier; dyspnée peu intense, pas de crise de suffocation. L'auscultation, praticable seulement en avant, ne décèle la présence d'aucun bruit anormal. La cavité buccale est purulente, les dents très -mauvaises; gingivite assez prononcée; urines chargées, riches en acide urique; ni albumine ni sucre. La malade ne parle pas, mais comprend très bien tout ce qu'on lui demande ; elle n'a pris aucun médicament, pas de strychnine; la température est normale ».
Il ordonne des lavements au chloral et des lavages vaginaux. Pendant la nuit, la malade est prise d'accès de suffocation convulsive, elle a deux accès. Au matin, je l'ai questionnée, elle fait, avec la main, un signe affirmatif ou négatif à chaque question.
Je prépare une injection de sérum antitétanique! À ce moment, M. le professeur Arnozan entre dans la salle. Après examen de la malade, il conclut à un tétanos probable et prie M. Abadie de faire une injection lombaire de sérum antitétanique.
Pendant les préparatifs, la malade est prise subilement d'une crise de suffocation avec convulsions, cyanose de la face, dyspnée, qui parait être d'origine laryngée ; la malade est fortement cyanosée et
il semble qu'elle va passer. M. Arnozan fait pratiquer la respiration Lapauze ! à
artificielle pendant que M. le Dr Cassaët, tant la dyspnée paraît être d'origine laryngée, s'apprête à faire une trachéotomie. Au bout de quelques instants, tout rentre dans l’ordre. M. Abadie fait.alors Ja ponction lombaire et une injection de sérum antitétanique. | . Je resle auprès de la malade. À midi, nouvelle crise de suffocation
avec cyanose. À 1 heure, encore un accès, pendant lequel M. Dufour, externe du service, en faisant la traction de la langue, attire du fond de la gorge de la malade un râtelier; ce râtelier comprend les six dents antérieures de la mâchoire inférieure. Malgré cela, les accès de suffocalion continuent, et cela jusqu'à 7 heures, moment où je la quitte. Jusqu'à cette heure-là, il y eut environ cinq ou six autres détails à noter. Pendant l'accès, la résolution musculaire se produit et c'est avec une facilité relative que l'on peut entr'ouvrir la bouche et très facilement que l'on fait mouvoir les bras; mais au fur et à mesure que la respiration revient, la contraclure réapparaît et cela devient alors une réelle fatigue que de continuer à mouvoir les bras. Pendant toute la durée des accès, l'haleine est restée horriblement fétide : du pus s'écoule même quelquefois par la bouche. Dans le premier qui passa sous nos yeux, M. le D' Arnozan en recueillit sur un tampon. M. le D' Solles et moi-même l'avons examiné, il contient des pneumocoques, des staphylocoques, des streptocoques, mais nous n'avons pu relever la présence du bacille de Nicolaïer.
Le liquide eéphalo-rachidien, examiné par MM. les D'S Cassaët et Abadie, n'en a pas montré davantage. La malade meurt.
À l'autopsie, on à pu constater que les organes viscéraux étaient sains, l'encéphale fortement congestionné à la base et sur la convexité ; ‘le larynx normal; l'utérus seul présentait un développement exagéré, épaisseur considérable de ses parois, avec infiltration. A l'intérieur, pus sanguinolent, avec débris épithéliaux remplissant la cavité.
L'ovaire de droite contenait un corps jaune de la grossesse, d'environ 4 centimètre de diamètre.
Vo TR