‹ Le théâtre à côté;Chapitre 27 sur 36 · L'OPINION DE VICTOR HUGO · texte numérisé non relu

L'OPINION DE VICTOR HUGO

Il ne s'agit point — comme on pourrait le croire en ce temps d'occultisme et de magie — d'une conversation... posthume que nous aurions eue avec le grand poète : nous n'avons point, comme quelques contemporains ou contemporaines, la faculté de causer avec les esprits invisibles, petits ou grands. Nous avons simplement, en feuilletant le MauUt'ur nniveisel de 1848, retrouvé

ET UN THÉÂTRE FRANÇAIS POPULAIRES. 'Itl

le rapport lu par Victor Hugo devant l'Assemblée constituante et concernant la situation des théâtres.

Sans parler spécialement des théâtres nationaux, Victor Hugo s'attache à montrer avec quel soin le gouvernement de la République doit se préoccuper de la situation et de l'avenir du théâtre en France. C'est une page éloquente qui pourrait servir de guide, aujourd'hui encore, à tous ceux qui ont mission de surveiller, de près ou de loin, les scènes théâtrales.

Donc, le 18 juillet 1848, Victor Hugo montait à la tribune et demandait une subvention spéciale pour tous les théâtres parisiens que les événements avaient forcé de fermer leurs portes, et afin qu'ils pussent rester ouverts jusqu'à l'hiver.

(( Le citoyen Victor Hugo. — Le rapport

que je suis chargé de présenter à l'Assemblée

est très court. Je lui demande la permission

de le lui lire. {Oui, uiUy lise:!)

(( Messieurs, dans les graves conjonctures où nous sommes, en examinant le projet de subvention aux théâtres de Paris, notre comité de l'intérieur et la commission qu'il a nommée ont eu le courage d'écarter toutes les hautes considérations d'art, de littérature, de gloire nationale, qui viendraient si naturellement en aide au projet, pour ne se préoccuper de la mesure proposée qu'au point de vue de l'utilité politique...

« Les théâtres de Paris sont peut-être les rouages principaux de ce mécanisme compliqué qui met en mouvement le luxe de la capitale et les innombrables industries que ce luxe engendre et alimente, mécanisme immense et délicat, que les bons gouvernements entretiennent avec soin, qui ne s'arrête jamais sans que la misère naisse à l'instant même et qui, s'il venait jamais à se briser, marquerait l'heure fatale où les révolutions sociales succèdent aux révolutions politiques.

« Les théâtres de Paris, messieurs, don-

nent une notable impulsion à l'industrie parisienne, qui, à son tour, communique la vie à l'industrie des départements. Toutes les branches du commerce reçoivent quelque chose du théâtre. Les théâtres de Paris font vivre directement dix mille familles, trente ou quarante métiers divers, occupant chacun des centaines d'ouvriers et versant annuellement dans la circulation une somme qui, d'après des chiffres incontestables, ne peut guère être évaluée à moins de 20 ou 30 millions.

« ...A une époque comme la nôtre, les représentations dramatiques sont une distraction souhaitable et peuvent être une heureuse et puissante diversion. L'expérience a prouvé que, pour le peuple parisien en particulier (il faut le dire à la louange de ce peuple si intelligent), le théâtre est un calmant efficace et souverain. Ce peuple se tourne toujours volontiers, même dans les jours d'agitation, vers les joies de l'intelligence et de l'esprit. Peu d'attroupements

résistent à un théâtre ouvert ; aucun attroupement ne résisterait à un spectacle gratis. {Mouvements divers.)

« Le citoyen Flocon. — Si l'attroupement avait dîné !

<( Le citoyen Victor IÏU(;o. — L'utilité politique de la mesure de la subvention aux théâtres est donc démontrée. »

Le rapporteur entre ensuite dans les détails de la subvention. La liste des théâtres qui en bénéficient est curieuse à citer :

«Opéra,théâtredelanation,170,000francs. Théâtre de la République, 105,000. Opéra- Comique, 80,000. Odéon, 45,000. Gymnase, 30,000. Porte-Saint-Martin, 85,000. Vaudeville, 54,000. Variétés, 24,000. Théâtre Montansier, 15,000. Ambigu-Comique, 55,000.

Gaîté, 55,000. Théâtre-Historique, 57,000. Cirque, 4,000. Folies-Dramatiques, 11,000. Délassements-Comiques, 11,000. Théâtre Beaumarchais, 11,000. Théâtre Lazari, Funambules, 5,000. Luxembourg, 5,000.

Théâtres de la banlieue, 10,000. Hippodrome, 5,000. Éventualités, 10,000. Total, 680,000 francs. »

Cela dit, le rapporteur conclut de la façon suivante :

c( Il faut que les théâtres rouvrent. Ce qui distrait les esprits les apaise... Que les étrangers se sentent rappelés à Paris par le calme rétabli, qu'on voie des passants dans les rues la nuit, des voitures qui roulent, des cafés éclairés, qu'on puisse rentrer tard chez soi. Les théâtres vous restitueront toutes ces libertés de la vie parisienne qui sont les indices mêmes de la tranquillité publique...

« ...Ce que vous ferez en ce moment sera utile pour le présent et fécond pour l'avenir. Ce ne sera pas un bienfait perdu. Venez en aide au théâtre. Le théâtre vous le rendra. Votre encouragement sera pour lui un engagement. Aujourd'hui, la société secourt le théâtre; demain, le théâtre secourra la société. Le théiUre (c'est là sa fonction et son

232 UN THÉÂTIIK LYRIQUE

devoir) moralise les masses en même temps qu'il enrichit la cité. Il peut beaucoup sur les imaginations, et, dans des temps sérieux comme ceux où nous sommes, les auteurs dramatiques comprendront plus que jamais, n'en doutez pas, que faire du théâtre une chaire de vérité et une tribune d'honnêteté, pousser les cœurs vers la fraternité, élever les esprits aux sentiments généreux par le spectacle des grandes choses, infiltrer dans le peuple la vertu et dans la foule la raison, enseigner, apaiser, éclairer, consoler, c'est la plus pure source de la renommée, c'est la plus belle forme de la gloire. » {Applaudissèment s.)

Après le rapport de Victor Hugo, les citoyens André et Légeard (?) firent observer que la province n'a pas à se préoccuper des plaisirs parisiens, ce qui amena une virulente réplique de Félix Pyat en faveur de l'art dramatique, « de cet art éminemment français dans lequel notre nation est encore aujourd'hui sans rivale ». L'orateur révolutionnaire

ajoutait encore : « Paris sans théâtre ne serait plus qu'un immense Garpentras. »

Le projet de loi fut adopté séance tenante.

Le souvenir que nous venons d'évoquer nous servira de conclusion. Nous n'en saurions trouver une plus éloquente.

LA

Lorsque M. Porel donna, tout à fait à l'iniproviste, sa démission de directeur de rOdéon, on discuta beaucoup, dans la presse, sur la question de c( la direction de rOdéon ».

Nous demandâmes leur avis aux maîtres de l'art dramatique.

Voici les lettres qu'ils nous répondirent :

« Cher monsieur,

« Vous me demandez mon opinion sur rOdéon.

1*38 L.V DIRKCTION DE LODÉON.

<i. La raison d'être de ce théâtre et de la subvention qu'il reçoit, c'est d'être un théâtre littéraire, ouvert à tous ceux qui commencent, et qui commencent bien : auteurs et acteurs.

« C'est l'antichambre du Théâtre-Français. Il doit travailler pour lui, et non contre lui. (( Tout à vous,

« Camille Doucet. »

« Cher monsieur,

(( Vous me demandez quelles sont mes Vues générales sur l'Odéon? L'Odéon est un théâtre subventionné à la fois pour représenter les chefs-d'œnvre classiques et pour ouvrir la carrière aux jeunes auteurs et aux jeunes comédiens qui donnent des espérances au Conservatoire surtout. Autrement dit,

-^ji^J^ou^^^ ^^.^^

^^■sL

Le Théâtre national de l'Odéon.

D'après une eau-forte de H. Toussaint.

c'est, OU plutôt l'État désire que ce soit une sorte de pépinière d'auteurs et d'acteurs. Seulement, il y a une grande difficulté, qui est de pouvoir représenter tous les ouvrages qu'on y apporte. La chose étant impossible, de là les plaintes, les récriminations, les attaques d'une foule de jeunes gens. J'ai connu depuis quarante ans tous les directeurs de l'Odéon ; je les ai toujours vus s'efforcer de se conformer au programme, qui est de faire durer les anciens et de faire vivre les nouveaux. Mais, quand les chefsd'œuvre des anciens ne fournissent plus de recettes et quand ceux des nouveaux n'en fournissent pas encore, comment faire? Il est bien évident que le jeune homme qui a déposé une pièce à l'Odéon et qui voit l'Odéon à moitié vide croit de bonne foi et déclare très haut que, si l'Odéon jouait sa pièce, la salle serait pleine. Peut-on toujours faire la preuve? On l'a tentée souvent sans qu'elle ait été concluante dans le sens de l'auteur. xUi milieu de toutes les choses à fairCj il y a

encore à faire faillite, ce que ne veut absolument pas le directeur. Alors il cherche des expédients : il engage une étoile, il ajoute la musique à son répertoire, il ressuscite des morts, il fait appel à des vieux, il fait passer les mers ou les montagnes aux chefs-d'œuvre étrangers; il s'ingénie de toutes les façons à faire venir le public, qui n'aime pas bien à passer les ponts l'hiver pour aller au spectacle, et encore moins pour revenir, car il faut le public de la rive droite pour alimenter ce théâtre de la rive gauche, et ce n'est pas la concurrence qui manque de notre côté.

(( Alors les cris recommencent. « L'Odéon (( n'est pas fait pour les morts, pour les vieux, (( pour les étrangers. Le directeur manque à (( son cahier des charges, etc. » Je ne parle même pas des interpellations à la Chambre si ce malheureux Odéon fait quelque tentative naturaliste comme Genninic Lacerteux.

« Évidemment, le rêve serait que le public s'intéressât aux débuts des jeunes auteurs et des jeunes comédiens et se réunit nombreux

dans cette vaste salle pour g.oùter les joies raffinées de l'estfiétique pure. On se grouperait dans le foyer, pendant les entr'actes, et l'on discuterait les nuances devant les bustes de Corneille, de Racine, de Molière, de Beaumarchais et même de Marivaux. Il n'y faut pas compter... ne plus compter davantage sur les étudiants passionnés pour ou contre telle ou telle école. L'esprit des étudiants est autre part : Lavisse et Vogué vous le diront. Les générations nouvelles sont en quête de vérités définitives auxquelles l'on prétend que le théâtre n'a rien à voir, ce qui n'est pas mon avis. S'il est un milieu où les problèmes les plus intimes de l'âme et de la conscience pourront être posés et même résolus, c'est le théâtre. Que ne peut-on pas dire, que ne peut-on pas apprendre aux hommes et aux femmes réunis, pressés entre quatre murs, les uns contre les autres, le cœur et l'esprit tendus sur le développement de la question qui les intéresse le plus : l'amour V Le jour où un jeune auteur posera

'li'i L\ DIRECTION DE L'ODEON.

et résoudra un de ces problèmes, dans toutes les conditions du théâtre, sur la scène de rOdéon, tout Paris courra à l'Odéon. Il ne serait pas étonnant que ce jeune homme se révélât bientôt. On fait assez de fumier littéraire en ce moment pour qu'il chauffe le sol et donne enfin naissance à quelque chose.

(( Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Il» s'agit particulièrement de l'Odéon et de mes vues générales sur ce théâtre. C'est bien simple. S'il est démontré que l'Odéon ne peut pas vivre selon le programme de l'administration, il ne faut pas s'en tenir à ce programme : il faut appeler à sa direction un homme intelligent, actif, lettré, honnête et le laisser faire ce qu'il croira bon de faire dans l'intérêt des écrivains, des artistes et du public. Il ne contentera évidemment pas tout le monde ; mais qui est-ce qui contente tout le monde?

(( A vous,

a Alexandre Dlmas. »

LA niHErTION HE L'ODftON. 2i3

(( Mon cher ami,

(( Ces exposés d'idées sur l'art dramatique, les théâtres, les comédiens, etc. , etc., ont pour grand inconvénient de provoquer des discussions, des attaques, etc. Si je disais tout haut et franchement ce que je pense du théâtre actuel, des auteurs nouveaux, des acteurs et même du public, je me ferais écharper ! Ne pouvant pas le dire, je me tais. C'est si facile et si agréable de se taire ! Ajoutez que, comme vice-président de la commission, je suis tenu à la plus grande réserve. Donc, le silence est d'or, et je le garde!...

« Mille amitiés,

« Victorien Sardou. »

LA niRFXTION DE L'ODÉON.

(( Mon cher ami,

(( Comment, encore une question?

« Décidément, ce jeu des questions a passé do la rue dans le journal.

c( Et une question de l'Odéon encore !

(( Je vous jure devant Dieu et devant les hommes que j'ignore absolument la question... en question. Quant à l'Odéon, c'est à peine si je m'en souviens, pour y avoir fait de lointains débuts; je sais seulement que c'est un théâtre à l'usage des jeunes auteurs, où on joue Shakespeare et Concourt, mais voilà tout! Ce n'est pas assez, hein? Alors, adressez-vous h un autre, cher ami, et croyez néanmoins et toujours à mes meilleurs sentiments.

(( Edouard Pailleron. »

(( Mon cher confrère,

(( De jeunes auteurs joués par de jeunes artistes. Autant de pièces que possible, représentées avec aussi peu de mise en scène que possible, voilà le véritable programme de rOdéon.

« Mille amitiés,

« Ludovic Halévy. » ,

(( Mon cher confrère,

« C'est à rOdéon que le Passant fut joué, il y a vingt-trois ans. C'est à l'Odéon qu'ont été représentés la plupart de mes ouvrages dramatiques. C'est là que j'ai vécu quelquesunes des plus belles heures de ma vie. J'ai, pour rOdéon, une tendresse presque super-

stitieuse. Depuis quelques aimées, des raisons — sans intérêt pour le public — m'en avaient exilé, et j'en ressentais un véritable chagrin. Je souhaite au prochain directeur, quel qu'il soit, tout le succès possible.

(( A mon humble avis, il fera bien de diminuer le nombre des violons, de ne point abuser des adaptations d'après le théâtre étranger, de composer une bonne troupe d'ensemble, sans premier rôle encombrant, où viendront s'encadrer les recrues du Conservatoire. Je lui conseille de n'avoir aucun parti pris en littérature, d'être très éclectique, très libéral, de faire aux jeunes gens une place aussi large que possible, de ne pas reculer devant les tentatives audacieuses, d'apporter quelque discrétion dans ses conseils aux auteurs et de se souvenir qu'ils sont seuls responsables devant le public.

« Je demande, en outre, au directeur de rOdéon beaucoup de tact et de goût, beaucoup d'ordre et d'activité, une présence assidue à l'avant-scène.

LA DIRECTION DE L'ODfiON. 247

a Avec toutes ces qualités, t'era-t-il fortune? Je n'ose le lui prédire. Mais gagner suffisamment sa vie en rendant service à l'art dramatique et aux lettres françaises, c'est encore, selon moi, naïf poète, un sort enviable. Pour l'accepter, le ministre trouvera sans peine, j'en ai le ferme espoir, un homme de mérite et de désintéressement.

« Cordialement à vous,

« François Coppée. »

« Mon cher ami,

« A mon nvis, l'Odéon doit être en quelque sorte l'imprimerie, la maison d'édition, militante et jeune, dont la Comédie-Française est la bibliothèque.

(( Cordialement à vous,

« Jules Claretie. »

-248 LA DIRKnTION DK L'ODÉON.

c( Mon cher ami,

(( Je. reprends la phrase de Ludovic Halévy, qui vous écrivait hier : <ï Déjeunes au- (( teurs joués par de jeunes artistes ; autant (( de pièces que possible, avec aussi peu de (( mise en scène que possible, voilà le pro- (( gramme de l'Odéon. »

« C'est le mien. Permettez-moi d'y ajouter un mot, que Ludovic Halévy ne pouvait pas écrire, car il n'aime pas le répertoire, et c'est ma querelle avec lui :

« A la base, il faut l'amour et le culte de Corneille, de Racine, de Molière, de Beaumarchais, de Marivaux... Les acteurs ne se forment qu'en jouant le répertoire. Le public ne se forme qu'en l'entendant jouer.

« A vous,

(( Francisque Sargey. »

LA DIRECTION DE L'ODÉOiN. -249

« Mon cher ami,

(( Si la direction d'un grand théâtre n'était pas affaire d'administration, de commerce même, autant que de littérature, je serais plus à l'aise pour vous répondre, et rien ne serait plus facile à déterminer que le programme idéal de l'Odéon.

« Au premier degré, le Conservatoire ; au second degré, l'Odéon; au troisième, enfin, la Comédie-Française : voilà pour les acteurs. Ils font au Conservatoire leur première éducation, et ils y apprennent k dire ; ils font à l'Odéon leur éducation professionnelle, et ils y apprennent à jouer ; ils entrent alors chez Molière, et ils y font leurs preuves de talent et d'originalité, s'ils en ont.

(( Mais voici pour les auteurs : ils font leur éducation dans nos rhétoriques, si vous

le voulez, ou à l'École centrale, depuis qu'un vaudeville se met en équation, comme un problème; ils s'essayent à l'Odéon et, s'ils le peuvent, ils s'y révèlent; après quoi la Comédie-Française s'empare d'eux, s'ils le veulent, et elle les consacre.

(( Théâtre d'application, dans le vrai sens du mot, et théâtre d'essai, si je puis ainsi dire, tel doit donc être l'Odéon, et, s'il était autre chose, je ne vois pas pourquoi nous lui donnerions 100,000 francs de subvention.

(( Il doit entretenir le i^oùl du répertoire et, deux ou trois fois par semaine, il doit jouer Corneille et Racine, Voltaire et Marivaux, Regnard et Beaumarchais, Scribe et Dumas, afin que la tradition ne s'en perde pas ni le prix dont elle est pour les acteurs, pour les auteurs, pour le public.

(( Mais, le reste du temps, il joue les jeunes et il donne /es Jobards, ou l'Envers iViine saiiife, ou la Mer, ou Grantrmère, qui réussissent d'ailleurs ou qui ne réussissent pas —

ce n'est pas là le point — .mais qui ne répondent pas moins que les représentations classiques à l'objet de son institution.

« Maintenant, avec une salle comme celle de rOdéon, ce programme est-il réalisable? A quelles conditions? Dans quelle mesure? C'est ce que je ne sais pas. J'indique donc une direction plutôt que je n'arrête un programme. Je ne fais pas de proposition, mais seulement un vœu. Et, à la vérité, je le crois également conforme aux intérêts de l'art et à la tradition, mais je conviens d'ailleurs qu'il y a toute une partie de la question qui m'écliappe.

c( Croyez, mon cher ami, à mes sentiments très dévoués,

« Ferdinand Brunetiére. »

Quelques jours après cette consultation, le Ministre des Beaux-Arts nommait directeurs de rOdéon MM. Marck et Emile Desbeaux.

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LISTE DES MEMBRES

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