Le théatre à l'éxposition universelle de 1889; notes et descriptions, histoire et souvenirs
DiCTlON.NAïUE iiiSTORiQiE ET iMTTOKESQi K uu Thkatre et dcs Arls qui s'tj nitta-client (I vol. grand in-8°, avec 400 gravures). — Firmin-Didot. éditeur.
Adolphe Adam, sa Vie, sa Carrière, ses Mémoires artiHiques (1 vol. in-18 Jésus, avec portrait ot autographe). — Charpentier, éditeur.
Hki.lim, sa Vie, ses Œuvres (I vol. in-18 jésus. avec portrait ot autographes), — Hachette, éditeur.
UoiELDiEi, sa Vie, .«es Œuvres, son Caractère, sa Correspondance (1 vol. in-18 Jésus, avec portrait et autographe). — ('harpentier, éditeur.
Aliieut Giusar, l'étude artistique (I vol. in-18 jésus, avec portrait ot autographe). — Ilachelte, éditeur.
Méhil. sa Vie, son Génir, son Caractère (1 vol. in-8'', avec portrait). — Fisclihaclier, éditeur.
Meyeriîeer, Notes biographiques (brochure in-iSjésus). — Tresse, étiiteur. UossiNi, Notes, Impressions, Souvenirs, Commentaires (i vol. in-8"). — Claudin, éditeur.
liA.MEAf, Essai sur sa vie et ses œuvres (\ vol. in-16). — Decaux, éditeur.
Vi:ri)|. Histoire anecdotiquc de sa vie et de ses œuvres (1 vol. in-18 jésus. avec IKirli-ait). — Calniann Lévy. éditeur.
ViOTTi i;t i.'Eciii.i; moderne di: Violon (1 vol. in-8"). — Schott, éditeur. Notice sir Umhi;. r/o/on/s/'' /'/ï/fi'Yus (brochure in-8"). — Pottier de Lalaine, éditeur.
FiGiRES n'OpÉRA-CoMiuPE : KUi'viou, M'"" Dwjazon. la Famille (Invandan (I vol. in-N'^ avec trois portraits). — Tresse, éditeur.
Les \ rais CiRKATELRS DE l'Ûpi'.ra FRANÇAIS. Pcrrin et Cambnl il vol. in-l.s jésus). — Charavay, éditeur.
MoLii';RE et i.'OpÉRA-CdMiyuE. J.e Sicilien (brochure in-8"). — Haur. ("diteur.
SUUS PHKSSF :
Un grand Thnitre à Paris pendant la dévolution : L'OpÉRA-C'oMIôl E de 17S8 A 1801, d'après des dorumenls inr-dil- il vol. in-8").
C'est peut-être ici le premier travail spécial qui ait encore été publié sur la part faite au théâtre et à tout ce qui s'y rapporte dans une exposition universelle. Il est vrai que, au moins en ce qui concerne nos grandes exhibitions françaises, cette part a été, en 1889, plus considérable qu'on ne l'avait faite jusqu'alors. Le théâtre avait bien été déjà, eu 1878, l'objet d'une première tentative et d'une attention véritable ; mais ce n'était là qu'un essai et un commencement. Ou lui avait réservé celte fois un rôle plus imj[)ortant, sans que, malheureusement, les études aient été commencées assez tôt pour que le résultat ait pu être aussi satisfaisant et aussi comjjlet qu'on l'eût souhaité. L'exposition théâtrale était loin d'être parfaite, et on y eût souhaité plus d'ordre, de logique et de cohésion. Néanmoins, ce double essai, à onze années de distance, a montré tout l'intérêt qui s'attache à cet art admirable du théâtre, l'une dt^s grandes originalités de la civilisation moderne, et toute l'allention qu(; lui porte le public, qui eu suit toujours les manifestations diverses Qvec un plaisir si évident.
Tout porte à croire que devant le succès qui a accueilli la gentille ex|iosition théâtrale installée au Cliam|» de Mars en IHH!), on s'efforcera dans l'avenir de faire mieux encore, et plus comjjlèlemeqt. Kn tout cas, j'ai pensé qu'il jtouvail n'ôlre pas superflu de recueillir et de réunir ici, daus une vue d'ensemble, tous les renseignements relatifs à cette exjiosilion et ù tout ce qui, «le près ou de loin, se ratladiail au théâtre dans toutes les parties de ce.tte vaste exhibitiou dr i>^H[), qui a laissé derrière elle un sillon si luuiineux eldonl le souvenir n'est pas près de s'<Heindre. J'ai d'ailleurs étayé
ces renseignements de (luehiues souvenirs el de quelques remarques historiques destinés à les compléter, à faire mieux ressortir le caractère et i'iiuporlance de toutes choses, À montrer le chemin parcouru et les progrès accomplis. Il m'a semblé qu'un tel travail, ainsi compris, pouvait n'être pas tout a t'ait inutile, ne fût-ce qu'à litre de document, et c'est pourquoi je hî livre avec couhance au public, en sollicitant pour lui toute son indulgence. Peut-être, à l'occasion, quelque travailleur, quelque curieux, aimant le théâtre comme je l'aime moi-même, trouvera-l-il à le consulter un certain intérêt et quehiue utilité.
A UEXPOSITIOX UNIVERSELLE DE 1889
Ce qu'il faut constater avant tout, lorsqu'on veut caractériser le rôle dévolu au théâtre à l'Exposition universelle, c'est l'absence complète de plan, de méthotle, de logique qui a présidé à l'organisation de l'exposition théâtrale proprement dite. Tout d'abord, cette exposition était tiop restreinte, et la place lui était mesurée d'une façon vraiment trop parcimonieuse. Il est certain que l'élégante rotonde qui lui était consacrée au rez-de-chaussée du palais des arts libéraux ne laissait à la disposition des organisateurs qu'un espace beaucoup trop étroit pour l'accumulation d'objets de toute sorte et de tout genre qu'appelait une exhibition théâtrale vraiment complète et digne de ce nom, digne surt lut d'entrer dans cette division importante à laquelle on avait douné le bi-au nom d' « histoire du travail. » Cela est si vrai que, même incomplète comme elle était, elle s'est vue obligée d'empiéter sur les terrains avoisinants et de s'étendre indûment autour du modeste domaine qui lui avait été réservé. D'autre part, on peut affirmer, sans crainte de se tromper, (ju'aucune coordination rationnelle, qu'aucune vue d'ensemble ne distinguait cet assemblage hétéroclite de documeots si intércssaols par eux-mêmes, mais trop peu nombreux, et qu'un classem«iit méthodifiue et rigoureux eût pu rendre »i utile et si instructif.
Kl pourtant, malgré cette abseuce de plan, malgré ce peu de soin préventif, le public prenait tant d'intérêt à cette exposition que la petite rotonde oc dé- emplis ait jamais et qu'il était presrjue toujours impossible d'y circuler, tellement on se pressait, on se l'ouliiil autour de SG8 vitrines, devant les dessins, les portrait- . les objets divers qui y étaicit accumulis daui} un désordre qui pouvait èlro un efTel de l'art, mais qui n'était certainement pas celui de la logi({ue et de la léllexion. Mais à c<Ué du public, qui venait là par dilettantisme et simple curiosité, il y avait lo travailleur, le curieux d'histoire, qui n'eût pas été fàcbé de trouver la les moyens do s'instruire,
d'aufjmenter la somme de ses conuaissances, et qui pestait un peu de voir que tout avait été laissé eu quelque sorte au hasard, qu'aucuu classement n'avait été luôme ébauché, alors qu'avec un petit efTort on eût pu joindre si facilement l'utile à l'agréable.
D'ailleurs, en dehors de l'exposition théâtrale proprement dite, on découvrait à chaque instant, dans diverses parties du Champ de Mars, certains groupements d'objets qui auraient dû lui appartenir, certains éléments qui lui revenaieul de droit et (jui, si elle en avait éle augmentée, auraient sutîi à lui communiquer une puissance toute particulière, à lui donner un aspect caractéristitiue et parfois saisissant. Ainsi, précisément au-dessus de la rotonde qui lui était olliciellement affectée, au premier étage de ce palais des Arts libéraux, on avait groupé, à côté d'un certain nombre d'estampes et de portraits d'artistes parfois d'une mince valeur, une série très intéressante de modèles d'anciens théâtres dont l'étude était fort utile au point de vue de Thistoire de l'architecture et de la machinerie théâtrales; et, tout à côté, se trouvait disposée toute une colleclion extrêmement curieuse, et unique en sou genre, d'estampes originales relatives au théâtre, à la musique et à la danse du Japon et des pays d'Extrème-Orienl, avec des photographies prises sur natun- et d'un intérêt très vif. D'autre part, et toujours en dehors de l'exposition officielle, MM. J.-B, Lavasire, Chaperon, Eugène Lacoste et Bianchini avaient organisé dans la galerie de droite, entre la librairie et la pliotographie, une petite exposition collective de premier ordre, comprenant toute une série des maquettes et dessins de décors et de costumes exécutés par eux pour nos grands théâtres : l'Opéra, la Comédie-Française et l'Opéra-Comique. Non loin de là, dans l'exposition qui prenait le titre d' « histoire de l'affiche, » on rencontrait une suite d'affiches des premiers temps de notre théâtre qui constituent de véritables documents historiques, absolument inconnus jusqu'ici. Enfin, il n'est pas jusque dans la classe du mobilier, où j'ai rencontré une exposition fort intéressante, ma foi, de cartonnages et d'accessoires de théâtre, faite par M. Charles Halle. Mais, dame! il fallait se donner de la peine pour déterrer tout cela, et encore fallait-il que le dieu hasard vint à votre aide.
Néanmoins, en groupant tous ces éléments épars, en les réunissant par la pensée, eu les classant avec l'ordre et la méthode qui ont si souverainement manqué dans l'organisation, on peut faire, de tous les objets relatifs au théâtre qui ont figuré à l'Exposition universelle, une revue intéressante, curieuse, animée, et qui ne laisse pas d'avoir son côté utile. C'est ce que je vais m'efforcer de faire, en m'aidant des notes très précises que de très nombreuses visites dans toutes les parties du Champ de Mars m'ont permis de reunir.