‹ Le théâtre à Montréal [microforme]Chapitre 24 sur 57 · LA RETRAITE · texte numérisé non relu

LA RETRAITE

puissances d'aimer el de croire est ailleurs. aux pieds de la femme adorée, Cet homme ne s'en ira-t-il jumais? Son bavardage ridicule, ses plans de cam pagne Je rasent à souhait. Enfin. il est <eul ! De Lauffen revét son plus bel uniforme et va Se pencher à la fenêtre, en envoyant à la nuit sereine. propice à l'amour, Phommage ému de son âme, débordande de sève, Un bruit. la perte S'ouvre, C'est elle, Effusion de caresses et de paroles enflamimées, Is échangent des serments d'affection élernelle, Et ils sont sincères, en ce moment, j'en prends à témoin le frémissement qui les agite et leurs regards où vibrent la sincérité profonde de leurs troublants aveux. Cependant, Claire, manifeste une certaine inquiétude, elle a des frissons subits, des tressaillements de peur. Elle se sent en faute el cela gâle beaucoup leur bonheur. d'être ensemble. Soudain. un coup sec relentit à Ta porte. HS sont saisis de terreur. perdent un moment la téle, Mais le lieutenant ordonne le silence et conduit Claire dans sa chambre. On S'Hnpatiente à la porte et un coup plus violent que celui de tout à l'heure, ébranle Fair. De Lauffen excédé, üre le verrou st se trouve face à face avec I DIT Les mots S'entrechoquent dans la gorge du pauvre maréchal de logis. I sait tout. il a suivi Claire et supplie le lieutenant exaspéré, de vouloir bien l'en-

tendre, Au comble de la rage, de Lauffen lui somme

de sortir par trois fois el sar l'insistance d'Helbig il lui déclare qu'il usera de violence, S'il ne S'en va pas de bon gré, Déjà les deux hommes ont dépassé toute mesure. Vous avez maintenant devant vous deux rivaux qui se disputent el veulent se donner raison de quelque manière que ce soit. La rage concentrée, qu colère, l'orgueil triomphant, l'amour décu dominent ce débat où S'étreignent deux êtres gonflés de jalousie, L'un, insultant dans son triomphe, veut sarder en sa main l'oiseau rare qu'il à conquis un soir : l'autre, celui qui souffre, réclame un butin qu'on lui à volé,

Helbie, tête baissée se précipite vers la chambre, ce pendant que de Lauffen saisissant son épée suspendue à la muraille, balafre la figure du malheureux. EE puis, il appelle Fhomme de garde et lui enjoint de conduire à la prison Helbig qui, dit-il, S'est livré sur lui à des voies de faits.

EU nous sommes en troisième acte,

Le conseil de guerre siège avec toute la majesté raide el la pompe étincelante que les hommes d'Outre- Rhin savent mettre en ces cérémonies Judiciaires,

aschke, major d'artillerie, se permet de temps à autre, d'égayer par des propos qui s'efforcent d'être drôles, ces assises qui dégagent un ennui puissant. Tour à tour, on interroge Helbig, de Lauffen., Oueiss, le maréchal des logis, Volkhardt. Helbig n'a pas

LA RETRAITE Us

dévoilé vérité. FESest Un par amour pour la jeune ile et atin de sauver son honneur en danger et pour épargner les cheveux blanes de Volkhardt, qu'il aime comimmeson propre père, De Lauffen, froid, rigide a suivi l'enquête judiciaire, sans qu'un musele de sa figure ne vint trahir son secret et le bouleversement intsrieur qui le secoue, Lui aussi ina pas dit la vérité eE à la fin de son interrogaloire, il a réclamé pour le prétendu insulteur. les circonstances atténuantes, l'ivresse dans laquelle était Hellig au moment de l'agression. Le maréchal des logis chef, est ques- Uonné, [n'a pas remarqué que son fil avait bu plus que de coutume el la violence n'est pas le défaut dominant d'Helbir.

C'est la fin. De Lauffen va préter serment qu'il a dit toute la vérité lorsque, soudain, Fun des avocats se déve et demande que la fille de Volkhardt qui, par le maréchal a fait savoir à la cour qu'elle avait quel que chose à dire, soit amenée devant le conseil de guerre. D'abord tremblante, Gimide, cherchant ses mots qui viennent mal, Claire se ravise ensuite et dévoile à ja cour tout ce qui s'est passé. Le désespoir du maréchal de logis est grand, il allait fou de colère Sélancer sur de Lauffen, quand heureusement.

Oueiss le retint, Claire Volkhardt à sauvé tout à la fois son frère adoptif et son amant, car le faux ser-

ment qu'allait commettre de Lauffen, le jour où la

rm ES — = matins à

vérité eût été connue, lui aurait mérité des années de travaux forcés.

Brisé au moral, rendu de fatigue physique. de Lauffen sommeille lourdement sur son canapé. Mais il ne peut fermer que diflicilement leil, Les regrets, sous forme de remords, Fassiègent, Ise sent tenu de réparer et la seule manière qui s'offre à lui est d'épouser Ja fille de Volkhardt. Comment se résoudra-til lui. un lieutenant des ubhlans, à mettre sa main dans celle des oncles, des parents de la jeune fille qui sont d'origine vulgaire.

Le maréchal des logis demande à étre entendu. L'entrevue est douloureuse, émouvante. veut venver l'honneur outragé de sa famille, Ce vieux soldat aura donc blanchi dans le service pour subir une telle honte, une telle injustice Ah etes trop. faut que réparation soit faile sur le champ. I provoque de Lauffen qui lui commande le calme. La colère de Volkhardt grandit et exprime en paroles sanglantes. Le lieutenant finit par lui avouer — dernier affront — qu'il ne peut pas descendre à se battre avec un maréchal de logis. C'est juste. Volkhardt nv avait pas songé, Mais voilà Claire qui apparaît sur le seuil, pâle, Loute triste en ses vêtements de deuil, Son père la somme de s’en aller, Elle refuse, De Lauffen intervient et comme Volkhardt s'élançait sur lamant

pour le Luer, Claire se jette entre les deux hommes,

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