AU TOMBEAU DE CHATEAUBRIAND
L'homme politique apparaissait au milieu de celle débauche inlassable d'imagination et de songe, EU ne s'en portait pas plus mal pour cela, Chateaubriand a été un ambassadeur trés dislingué el un ministre assurément aussi honorable que nos arrivés 0 de maintenant, L'on sait assez qu'au Congres de Vérone, tit tres belle fivure et qu'à Rome il soutint avec honneur les devoirs de sa charge. Mais li comme ailleurs. il frainait son dévont apres fur. Constarnment, il a Voulu que la réalité fat le réve et ce n'est Jonas. malheureusement. ce qui arrive, Elle ne <e prete pas facilement à nos caprices el à nos dernmandes: elle échappe a notre étreinte. et l'ironie continuelle dont elle couvre nos déconvenues eXNaspéral cel esprit évadé du réel,
Nous avons fait avec une piété attendre: epelert have fitéraire à Ja tombe deChateaubriand. fut notre premier auteur de chevet, Et ce qui plus est. <on nom esUintinement Hé à des souvenir< quine <eflaceront Junais de notre mémoire, Ja des résonances pro fondes en nous. F1 <ufit quon de prononce, pour qu'aus<itot un chapitre de notre Vie se déroule. batte de ses feuillets en agitant un autre nom sacré qui
remonte chaque jour de notre cour à nos levres
Non. Ce POUX ais pris oublier. pauvre SERIE que ce
fut toi qui nrenseiwnas la religion de la beauté et el
SUROCETORLTe LON Leur qui Slam’ d'une
fanmme étrange à de certains moments, je l'ai revu: cel accent que je nat retrouvé nulle part. je lai réentendu. el ces soupirs qui gonflaient La poitrine, je les at bus dans le vent qui passait, EUmes regrets, comme une colonne d'encens montaient. montaient jusqu'au ciel,
On dit que Lucile de Chateaubriand se mellait à “enoux pour écouter les grandes choses qui sortaient des lévres de René. Tu couvrais de larmes cel AMlala que nous lunes ensemble, C'est aussi beau. Car les larmes recélent Fintini. Elles sont toute In poésie du cœur humain ete plus magnilique Lémoienage de notre fragilité el de notre grandeur, Ouelle ps\chologie plus auguste que la leur peut Soffrir à nos investisalions passionnées?
Fu faisais Féduealion de ma sensibilité sous ce Vieux cerisier de Fhumble jardin que br eullivais avec lant de tendresse, Les blanches margueriles étaient les sœurs de Les pensées. Tu souriais au soleil. au Jour, à la Vie et Lon âme libre et enthousiaste S'envolail dans azur, Tu eréais chez moi la sensibilité e0 je Cen remercie. puisqu'elle ma permis de Le pleurer Loujours. Depuis que Lu as cessé de vivre. il me parail que quelque chose Sest éteint qui ne se rallumera plus. La mort Lragique où Un accomplisais Pacte Le plus wrand d'épouse el de mére entretient autour de La lombe. un respecLmelé de pitié et de vénéralion.
Comme tant d'autres femmes, aussi admirable
AU FOMBEAU BE CHATENUBRIANE ‘17
qu'elles, Lu eréais de fa vie à côté de la mort. Tune
mourais pas tout entière el La Lombe resliit chan tante.
Fime semble que du enmeliére où tu reposes, s'élève quelque inquiétude comme jadis bu mr'interroues anNieusement dans les Veux. pour connaitre le fond de moiméme, A tu peux dormir tranquille : je ne Lrabirai pas les causes que nous avons tmées ensemble. ce Spirilualisme commun qui nous à fait Lrouver la Vie un peu bonne, ces modes de croire. de vivre el d'adorer que n'offrent aucune autre religion que celle qui Ses penchée sur lon HE d'agonie. En face de ce Lombeau où dort ce prince fidèle à son Dieu el à son roi, je me suis ineliné avec amour devant ces idées el ces principes qui ont raison pour: l'éternité. Comme Loi jadis. je crois à la poésie, à l'enthousiasme, ? toutes les manifestations tu devouement el du martyre, à la grandeur morale de Pindividu el des races, EUsur cet Atlantique immense aux Lons d'émeraude, bruissant d'harmonie, de vie mélancolique et grondeuse. Fenvoie à la petite Tombe qui contient La pousaére, Fhommage ému de mes
incoercibles crovances,
nn rem mener mr rimes . :