MONSIEUR LE DIRECTEUR
des types de ronds-de-cuir esquissés avec une grande vérilé d'observation et de détails journaliers. Nous avons cru discerner, entre ces estimables ronds-de-cuir et ceux de la Cour du Recorder et de la Cour de Circuit, une certaine ressemblance, Cela nous à rappelé les souvenirs du temps où nous étions heureux basochien, Seulement les fonctionnaires de Bisson sont plus souvent sur terre que... les autres, elen plus se donnent la peine d'avoir de l'esprit . Grande nouvelle ! IL + a place vacante dans l'administration et les candidats à la sous-préfecture ne manquent pas. Lambertin, fier et rigide, ne fera pas le moindre pas pour obtenir de l'avancement. Sa belle-mère le presse, le supplie d'avoir plus d'ambition, elle va jusqu'à lui dire qu'elle ne l'aurait Jamais acceplé comme gendre si elle avait connu, dans le Lemps, ses scrupules idiots et ses idées d'homme d'ancien régime, Cette vieille dame est arriviste tout plein. Elle prône l'arrivisme, car elle voudrait bien finir avec sa fille dans l'opulence, Lambertin se cabre, éclate, S'emporte : il n'entend pas que l’on se mette le nez = c'est son expression — dans ses affaires, il est maitre de diriger sa vie de la facon quil lentendra, Quelle n'est pas son indignalion contenue, en entrant chez lui, de voir le neveu de M. le Mare installé à son fover, en train de causer aima-
blement avec sa belle-mère et sa femme, [| demande
ON US enr mr othmnanirmneen ne mire
des explications et Ja belle-mère ürranwe Loult à sa Ianiere,
Puisque Lambertin <e désintéresse de sa can ddalure. Madame Marielle, qui suit l'influence des femmes ur un homme comme de Ja Mare el qui se donne l'illusion d'un reste d'attraits, ira en personne supplier Monsieur le Directeur d'accorder l'avancement de son beau-fils. Cela fournit des détails d'observation qui font jaillir le rire.
Monsieur le Directeur vient de prendre la résolution de n'être plus frivole et butineur de roses. Voilà une OCCASION pour lui de mettre à l'épreuve Son nouveau système de vie, I S'imagine un moment que Madame Marielle est Jeune, qu'elle à vingt ans de moins, et il constate, content et réjoui, qu'il possède la maitrise de son âme, Maintenant il esÛ sûr de triompher de ses impressions et de ses sentiments fougueux. IH affronterait, impassible, tous Les harems de la terre, Monsieur le Directeur de l'administration est devenu monsieur le directeur de lui-même. Mais voilà bien autre chose ! Devant l'insuccès de belle-maman, Suzanne, la fille de Madame Marielle, jeune veuve américaine revenue en France depuis peu, se présente, se fait passer pour la femme de Lambertin et tente de fléchir de la Mare. Ce dernier à grand'peine à cacher son émotion en présence de celte affriolante et superchic revenante. Le vieil homme ressusCite, Défions-
hi tes trans mt,
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nous de ces conversions sur le retour de l'âge et qui demeurent granitiques devant les femmes frop mûres. Cela ne dure pas. Monsieur le Directeur accordera tout, à condition que l'on soit aimable, C'est entendu mais aprés? Les Américaines sont pratiques.
Lambertin devient sous-préfet, coule des Jours heureux à la campagne, entre sa belle-mère qui maintenant l'adore, et sa femme heureuse, I ignore encore que l'instrument de sa félicité présente est sa belle-sœur... Cependant, Monsieur le Directeur a bonne mémoire, Fringant, passionné, il arrive à la campagne et désire se faire payer ses comptes, La situation se corse et le rire redouble, Tout se découvre et cela finit par un mariage,
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Arsène Lupin
M. Maurice Leblanc
A l'ami Anrastase
C'est une pièce immorale, à la facon des Buffalo Bills et des Nick Carter, mais bien linimorale. Du commencement à la fin, le triomphe du cynisme el de la ruse s'étale dans toute sa erudité. On peut admirer, si l'on le veut, l'habileté géniale avec laquelle ce grand voleur dépouille Gournav-Martin ; n'empêche que ce déploiement ralliné de roublardise, tout ce beau luxe de tromperie, ne soient emplovés à la satisfaction d'un vice dégradant qui bouleverse l'ordre physique et moral des choses.
Esi-ce que l’on a assez réfléchi sur la démoralisation que cause dans une famille l'intrusion d'un homme de ce calibre ou autre pistolet du genre, cou-
reur de dot, arriviste aux abois. a-t-on calculé ce
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qu'il amoncelle de ruines, ruines de fortune, de honheur, de situations? Estece que l'on Set dit dans intime de soi-méme que lintérét de cette pièce est en raison directe de l'eXploitation d'un sentiment misérable qui S'agite en nous : le plaisir mauvais de Voir Un Vaineu se débattre sur le Sable de la défaite? DU a iei deux eXploités, Gournav-Martin et nousmémes, Le grand exXploiteur, c'est Maurice Leblane el comme il mène la fumisterie en expert de Ja hature humaine
Son héros est Fun des personnages les plus evniques, les plus monstrueux et immoraux qui existent dans toutes les littératures. I n'est pas qu'un voleur de haute allure, jamais dépité, avant des réponses à tout et pour Lout, sauvant les situations les plus inquiétantes, S'arrachant aves la prestesse du renard des derniers retranchements où le Lient aceulé le génie d'un détective, C'est autre chose, c'est un brigand du cœur humain, qui vole l'amour de Germaine avec les tableaux, diadèmes. eclliers. les Lapisseries qui appartiennent à son pére, C'est un anarchiste — vous l'avez entendu justifier ses brigandages devant la vieille domestique Qui compromel une cellule sociale, s'il ne la détruit pas. [ncarnation la plus complète de la filouterie organisée. qui, si elle consolidait ses assises dans le monde, délruirait élernelle-
ment l'Idéalisme et la Beauté. I va des pans d'indus-
ai sata DRE
\ASEN E LI PIN 10
brel sans conscience Chez cel homme, de frénéliques convoitises d'or, de cristaux el de diamants qui font lrissonner, Celle âme rapace rend le son du métal, de ce métal qui tue des intelligences nées pour les augustes dévouerments à limmatériel, souffrantes de Ja nostalgie des Terres promises, insulte, ce cambrioleur, à toutes nos plus chères images de grandeur, de noblesse, de vérité qui se dressent sur nos tétes, fières el sublimes el <ollicitent nos vies.
La démocratie a découvert les vrais filous. Le SuÎTrage universel, cette monstrueuse aberration de esprit humain, à puissamment aidé à faire du vol une institution d'État, Avant la Révolution, le vol. quand il Se commettait, servait à éblouir le monde. Des richesses inouïes ont été gaspillées en fêtes somplueuses, des rois et des reines idéalisaient leurs moindres démarches, le crime se cachait sous des roses, les sources pleurantes des jardins de Trianon aceompagnaient sur un mode divin les diverses manières de sentir el d'aimer qui régnaient alors, Jusque dans le vice on était distingué, et les abus de pouvoir, les prodigalités, les folles dépenses contribuaient à la crandeur des Etats, lorsque, dans la pensée des souverains, is n'endormaient pas, ne fût-ce qu'un moment, la souffrance éternelle du peuple. Chapitre
moubliable de l'histoire du cœur humain, jouissances
SE
LE THENTRE A MONTREAL emmener ——
lines, eXquises el rares que le monde ne connaitra pas deux fois !
On a changé tout cela, les rois Sen sont allés, mais l'artiticiel domine loujours, La souffrance n'est jus morte el qui sait sion nel
on savait Part d'étre |
il... pas atiwmentée. ji elle avec des perruques et des erinolines, aujourd'hui nos femmes Senlaidissent
avec leurs « bourrures »,. nos filles du peuple S'enflent
les mollets de facon disgracieuse, Aujourd'hui le vice
Sexhibe à nu, béant. eVnique, el parce que la poésie
es à la portée de Lous, elle est devenue vulgaire et fade, L'Etat est un mauvais heu oû les voleurs décorés Sen donnent à cœur Joie,
Arsène Lupin n'est Pas Un produit des anciennes ciNilisalions, Elles n'ont Pas connu ce {\pe supérieur de filou, [est de notre âge, la démocratie ŒUI rehuc
dans ses profondeurs les reptiles el les monstres,
peut se vanter de l'avoir inventé de toutes piéces, La France littéraire nous devail cet exemplaire d'escroquerie el elle nous l'a donné, 1Lest probable-
ment moins loin de la réalité qu'on ne le pense, Elle
l’a copié sur des modèles Qui vivent encore de ses sueurs, de ses énergies et de son Sang, Quand un pars Sest donné le Spectacle lamentable de voir des |
milles francaises, jeté
a es du jour au lendemain sur Le pavé par des financiers véreux, s'étonnerait-on qu'on veu Île assimiler le cas de
Lupin à celui des vrands
vers tt Se
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voleurs qui détroussent la France el le monde depuis un séele? Cela nous amène à dire il faut étre logique jusqu'à la cruauté que le crime du due de Charmerace el peu de chose en comparaison de ces Vols publics qui déshonorent une nalion el ceux qui Sen rendent coupables. Le cambriolage d'une tuson ne But Port qu'à Findividu, seuls ce dernier elles Siens en souffrent, Sans doute, que comme dans l'ordre malthémalique, une méme loi de consquence préside à la Stabilité du tout Social. Le Corps cnlier se ressent de a partie lésée, Mais. à coup sûr, Leomal est plus sérieux quand l'organisme est vanrene,
\rséne Lupin aimeune voleuse qui est la dame de compagnie de Mademoiselle Germaine. Dés ln premiére heure, au prenner regard. als ce <ont compris. Coup de Toudre fraditionnel! On n'est jamais à ce point misérable que le cœur ne puisse S'ouvrir à Uumour, Qui le sait mieux que Maurice Leblane et quel dramaturge où romancier n'a spéculé davantage un sentiment sacré afin de faire mieux « avaler On héros? Encore ie, Toutefois. el aprés avoir rebaussé le vol. pourquoi sal de boue l'amour qui est lupanage des cœurs honnétes? Cet homme Haine Peas comme les autres el la preuve c'est quilest ineupable de mourir pour la Russe. Lupin n'est pas un
poële, num artiste. il comprend Pamour à Sa maniere,
+ “ms
Il'entre dans lelan de passion qui le jette dans les bras de Mademoiselle Kritehnoft quelque chose de vil et de bas. d'exelusivement passionnel et de proprement Terrestre, une sorte de peur de se sentir isole de ce qui Fa fait vivre hier. un instinet de $e rattacher & une épave, parce que Lout l'édifice de es mensonges s'écroule, Finis ses Eriomphes de fibustier, finis ses rues audacieux qui déconcertent l'imagination! Ce n'est pas cel amour qui souléve nos poilrines de vingt ans, à nous, les jeunes, rêéveurs d'éloiles et désireux de <S'immoler à quelque chose de grand. ce n'est pus cel amour qui nous ferait aller cueillir une fleur sur
des glaciers selle devait éclairer Povale pur qui passe
| el repasse dans nos rêves, Nous donnerions notre sang | a la femme adorée, | La passion de l'amour centuple Faudace de Lupin, il se ravise el c'est le finaud Lerriblement moderne QU a raison contre Lous. I <e sauve el la poli courbencore. Ah Leomime c'est drôle ? Le centleman cambrioleur finit. dans l'amour. nos députés el nos ministres qui cambriolent FEtat en vont croupir hi dans un fauteuil législatif où au Sénat, Dans les deux cas. la solution ne faisse pas d'étre profondément jmmorale.
Le duel gémal de Lupin et de Guerchard est pirs- Sionnant, On joue fin à plus fin, Comme tout cela est
fouillé, talonne. pris sur le vif ! Hélas ! ce détec!
ARSENE LUPIN ne,
ressemble peu aux netess. Nolre pass n'en a vuere connu d'aussi hab es Que NM. Grierchard fasse donc école quelque part ce policiers pourraient v aller prendre des Jecons. Peuteciie se convaineraient-1ls que la suflisance, Ha sottise, la häblerie et souvent linconscience ne constituent pas les qualités d'un vrai policier.
Pièce malsaine dont le suceès prodisieux chez les foules suflirait, S'ilen elail nécessaire, à dresser une psvehologie de Fâme populaire.
Elle satisfait ce besoin deimagie.d'extraordinaire.de bizarrerie, qui a loujours agité les petits et les huinbles.el qui les jette dans Finconnu des sensations, Son charme profond continuera à S'exercer, car il participe à l'éternité d'une calégorie de sentiments qui ne meurent pas. Elle dégoûlera, mais on ira l'entendre, n'en reste pas moins vrai qu'elle est éminemment
inmorale.
A RÉ TER AENEM MR “aides csitan dé 3
La Beauté du Diable
MM. Jules Mary et E. Bochard
Bonjour, Mélo :
Nous avons plongé à mi-jambes dans le mélo, celle semaine, Rien ne manquait à la fête: poignard, assassinat, suicide, et mort toujours !
La Beaulé du diable. se rapproche beaucoup de ces gros drames qui S'inbültulent. Sauvés de la Mer, La Béle féroce. les deur Gosses. les Apaches du grand monde, ete. ete. Fous ces drames cousus au fil blanc, se ressemblent comme des frères. On dirait qu'ils ont été coulés dans le méme moule. Cest Loujours une chevauchée de péripéties émouvantes qui se précipite à fond de Train dans le sang et lu mort, La plébe adore ces pièces. Elle leur doit,
ainsi qu'a a Presse, qui est particularisée
PP EEE TRANS PRET FAR os ssmmou anuturen AADUNCOI /fu 2107
RESTE ER REIN RNPNTREE rer ne
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2 LE THEATRE A MONTREAI
avec amour dans étude chalovante, hérissée déprthètes des erimes. des meurtres el des accidents. les meilleurs de ses frissons d'épouvante,
\athvme Favard avec ses romans colorés. la Presse, el souvent Le Théâtre Nabional. ont fourni à la foule un aliment indisweste de htléralure, de sensalons déprimantes et fausses qui lui ont compose un esprit rés Spécial, Lourné vers a blacue et Le faux.
Mais, quelle est done cette beaute du diable”
M. le Comte Philippe de Croix Vitré à recueilli dans <a maison, Nathalie. Ja femme de <on frere défunt. el son fils Laurent. Le domaine de Rovaumont est une retraite aimable, prineière, où la veuve endort ses revrets, partagée entre Famour de son filé et de légores occupations, On fa traite avec beaucoup d'égards et elle est devenue avec le Lemps parfaitement à l'aise, libre de Lous ses Mouvements, el ne craignant pas d'imposer <es wonts et ses volontés, Autoritaire, ambitieuse, elle ne songe qu'au bonheur de son fils. méme aux dépens de Fhonneur et de Ja Justice,
Madame de la Croix Vitre souffre en palience de Fascendant moral que sa belle-scœur exerce sur son mar, L'étrangére à trop souvent raison contre Tous el ses conseils qui ont Loujours un air de sincérité, de sagesse el de détachement serein, sont recherchés
el accueillis avec faveur, La bonne el douce paix de
LS