SCÈNE I ORESTE, PYUDE
ORESTE
C'est à la mort que nous marchons ! A chaque pas mon âme devient plus calme. Quand je priai Apollon d'écarter de moi l'effroyahle corlége des Ëuménides, ce dieu parut promettre en des paroles riches d'espérances un terme à mes malheurs dans le temple de sa sœur hien-aimée qui règne sur la Tauride; et sa promesse a son effet aujourd'hui, car tous mes maux vont finir avec moi. Qu'il me sera facile de renoncer à la lumière du soleil, à moi dont une main divine oppresse le cœur et égare l'esprit ! Si les descendants d'Atrée ne doivent pas obtenir dans le combat une mort couronnée par la victoire ; si je dois, ainsi que mes aïeux et mon père, périr misérablement, comme une victime dévouée au sacrifice, soit ! mieux vaut périr ici devant l'autel que dans un réduit obscur où d'homicides parents tiennent des poignards tout prêts! Puissances souterraines, laissez-moi en paix jusque-là, vous qui vous excitez entre vous, comme le chien lancé sur sa proie, à suivre les traces du sang qui marque l'empreinle de mes pas ; laissez-moi, je descendrai bientôt vers vous; le flambeau du jour ne doit pas m'éclairer plus que vous; le beau, le vert tapis de la terre n'est pas fait pour les ombres. Oui, je vais là-bas vous cher-