ACTE III. SO
fflemnon, le recueillit avec bonté, l'éleva près de son propre fils Pylade, qui dès lors se lia des plus doux nœuds de Tamitié à ce nouveau venu. A mesure qu'ils croissaient, croissait aussi le violent désir de venger la mort du roi. Tout à coup ils se déguisent et se dirigent vers Mycènes, comme s'ils apportaient la nouvelle de la mort d'Oreste avec ses cendres. La reine les reçoit bien ; ils entrent dans le palais. Oresle alors se fait reconnaître à Electre, qui ranime dans sou cœur le feu de la vengeance que la présence sacrée de sa mère avait œmprimé. Elle le mène secrètement à reudroit où est tombé leur père, où, malgré le temps, quelques traces d'un sang versé par le crime imprimaient encore sur la pierre souvent la\éeiine teinte pâle et de sinistre augure. Là, elle lui peint avec feu toutes les circonstances de ce monstrueux forfait, sa Tie passée dans l'esclavage et le malheur, l'orgueil des heurenx meurtriers, et les périls qui attendent les enfants d'Agamemnon de la part d'une mère qui n'est plus qu'une marâtre • pnis elle lui met à la main cet antique poignard, déjà plus d'une fois instrument de ravage dans la maison de Tantale et Glytemnestre meurt de la main de son fils.
IPHIGÉNIE
Immortels ! vous qui jouissez de jours sereins sur des trônes de nuages toujours renouvelés, ne m'avez-vous séparée des hommes pendant si longtemps, ne m'avez-vous si longtemps retenue près de vous dans l'innocente occupation de nourrir le feu Sacré; n'avez-vous élevé mou âme semblable à une flamme légère vers la pieuse et éternelle clarté de vos demeures, qu'afin que je sentisse plus tard et plus amèrement les horribles malheurs de ma famille? Àh! parle-moi de Tinfortuné! parle-moi d'Oreste!
ORESTE
Que ne peut-on parler de sa mort ! L'âme de sa mère a comme jailli de son corps sanglant, et crie aux terribles filles de la Nuit : « Ne laissez point échapper le parricide ; poursui- « vez ce monstre; il est voué à votre vengeance. » Elles obéissent et promènent autour d'elles leurs regards sinistres avec
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Tavidité de Taîgle. Elles s'agitent dans leurs noirs gonffres, et du fond de Tantre leurs satellites, le Doute et le Remords, sortent sans bruit. Devant eux s*élève une vapeur de rAchéron ; dans les tourbillons qu'elle forme, le coupable effrayé voit tourner incessamment autour de sa tête réternelle image de son crime. N^es pour le mal, elles foulent aux pieds cette belle terre, ensemencée par les dieux, dont une ancienne malédiction les avait bannies. Leur pas rapide poursuit le fugitif; elles ne lui donnent de repos que pour Taccabler ,ensuite d'un nouvel effroi.
IPHIGÉNIB»
Infortuné ! tel est ton sort, et tu sens ce que lui, pauvre fugitif, doit souffrir.