‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 189 sur 390 · SCÈNE V LE COMTE, SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

SCÈNE V LE COMTE, SAINT-JEAN

SAINT-JEAN, qui entre avec précaution.

N'ai-je pas bien fait mes affaires?

LE COMTE

Tu as rempli ton devoir.

SAINT-JEAN

Les portes ne se sont-elles pas ouvertes comme si des esprits les eussent enfoncées? Mes camarades pleins de frayeur ont pris la fuite; aucun n'a rien vu ni remarqué.

LE COMTE

C'est bien. Je les aurais bien ouverte sans toi; mais une

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telle opération demande plus de peine. J*ai quelquefois recours à des moyens ordinaires pour ne pas importuner toujours les génies qui me sont familiers. (Ouvrant une bourse.) Voici pour ta peine. Ne dépense pas légèrement cet or; c'est un or philosophique; il porte bonheur. Tant qu'on le garde dans sa poche, elle ne se vide jamais.

saint-^jeàh.

Bah ! alors je veux lebien conserver.

LE COMTE

C'est cela; ménage-t'en toujours deux ou trois pièces; tu verras l'effet du prodige.

SAINT-JEAN

Avez-vous fait cet or vous-même, H. le oomte?

LE COMTE

Je n'en donne jamais d'autre.

SAINT-JEAN

Que vous êtes heureux !

LE COMTE

De faire des heureux.

SAINT-JEAN

Je vous suis dévoué corps et âme.

LE COMTE

Tu n'y perdras pas; va et garde le silence, afin que nul ne connaisse cette mine précieuse. Dans peu tu auras la place que tu as demandée.

Le domesUiiue sort.

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