ACTE lY. 3i
tendu? que dois-je faire? Le comte et la marquise trament la fourberie la pins inouie. Pour mettre à fin leur plan monstrueux, ils osent compromettre le nom d'une excellente princesse, et même contrefaire sa figure dans cette farce hideuse. Tôt ou lard cette trame se découvrira, et quelle que soit l'issue de laffaire, elle ne peut être que désagréable au prince et à la princesse. Il n'y a pas de temps à perdre. Dois-je de ce pas aller dessiller les yeux du chanoine? peutêtre est-U encore possible de le sauver. Le collier est morcelé; mais le marquis est encore ici; on peut les arrêter, leur enlever le bijou, confondre les fourbes, et les chasser en silence. C'est bien; j*y vais. Mais, un instant! Ferai-je cela pour ce politique froid et intéressé? Il me remerciera, et pour l'avoir délivré d'un imminent danger, il me promettra sa protection, m'assurera une charge considérable aussitôt qu'il sera rentré en faveur. Cette expérience ne le rendra pas plus prudent : il se livrera de nouveau dans les mains du premier fripon; se conduira toujours d'après l'impulsion de ses passions, sans réflexion, sans esprit,, sans suite; me souiTrira dans sa maison comme un parasite; il reconnaîtra qu'il m'a des obligations, et j'attendrai vainement un secours réd, puisque, malgré ses beaux revenus, il manque toujours d'argent comptant, (u se promène pensif.) Homme insensé et borné ! et tu ne vois pas q«e le chemin de ton bonheur, que tu as si longtemps cherdié, s'ouvre enfin devant toi. C'est avec raison que le chanoine s'est moqué de toi comme d'un écolier! que le comte a abusé de les sentiments nobles d'un manière infâme! Tu méritais cette leçon, puisqu'elle ne t'a pas tout d'un coup corrigé: ils ne croyaient pas l'entretenir pour leur perte« Eh bien! c'en est fait; je cours chez le ministre. U est précisément à la maison de campagne où ces fourbes vont se jeter tous ensemble dans le pi^e. Ils ne méritent aucun ménagement. C'est un bien&it pour la société, de les faire punir comme ils le méritent et de mettre leurs ruses hors d'état de nuire davantage. Je cours; le moment est décisif. S'ils sont pris spr le fait, tout est démontré. Les pierres que Ifi marquis a dans sa pocbci témoigneront contre lui. U dé-
pendra du prince de traiter les coupables comme 3 le jugera convenable, et Ton ne me bercera certainement pas par de ▼aines promesses. Je vois mon bonheur s'approcher avec la pointe du jour. D n^y a pas un moment à perdre. Allons! allons!