‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 262 sur 390 · BOSE · texte numérisé non relu

BOSE

Je te promets une bonne soupe.

GEORGE

Serait-elle des meilleures, si tu ne la manges ayec moi, elle ne me plaira guère.

ROSE

Il en est de même de moi.

GE.ORGB.

Allons, adieu, Rose. (Rose marche» s'arrête, regarde aatoar d*eUe; ils s'envoient des baisers; George revient sur ses pas.) EcOUte, Rose !

le monde ne dit rien de vrai.

ROSE

Rarement au moins. Gomment cela?

GEORGE

On dit que, dès qu'on est mari et femme, on ne s*aime plus comme auparavant. Cela n'est pas vrai, Rose : depuis combien de temps sommes-nous mariés? attends...

ROSE

Douze semaines.

En vérité? et c'est toujours George et Rosette, toujours Rosette et George, comme devant^ n'est-ce pas. Rose? Allons, adieu !

ROSE

Adieu! que de fois ne l'avons-nous pas déjà répété!

GEORGE s'éloigne.

Et combien de fois le dirons-nous encore!

ROSE

Pour nous chercher et nous retrouver toujours.

GEORGE, s'arrêtant.

Quel plaisir !

ROSE

Je te suis bientôt; adieu !

GEORGE, s'en allant.

Adieu!

ROSE, sur la porte.

George!

570 LB GÉNÉRAL GITOTES.

GEORGE, reroiaiit.

Que yeux-tu?

ROSE

Tu as oublié qodque chose.

GEORGE, s'ouminant.

Quoi donc?

ROSE y courant à lui*

Encore un baiser!

GEORGE

Chère Rose!

ROSE

Cher George!

UsB'embnsieBL

SCËNE II Les PR^céDENTs, LE SEIGNEUR.

LE seigneur.

Bravo, mes enfants! bravo! Ce n'est pas pour vous que le temps s'écoule.

GEORGE

Nous n'y faisons pas attention non plus, monseigneV'

ROSE, d'un air significatif.

Bientôt vous n'y ferez pas non plus attention.

LE SEIGNEUR

Comment donc?

ROSE

N'en faites donc pas un secret; elle est si jolie!

LE SEIGNEUR, souriant.

Qui?

Hem ! Rose, tu as raison : sans doute, bien joliet

ROSE

Et vous êtes aussi un jeune et beau cavalier.

LE SEIGNEUR

George, tu la laisses parler ainsi?

GEORGE

Plus aujourd'hui qu'autrefois; car, je l'aTOUCi j'ai souvent été jaloux de vous.

LE SEIGNEUR

Ah! tu avais quelque raison : Rose m'a toujours plu.

ROSE

Vous plaisantez, monseigneur.

GEORGE

Hoiy cela m'a toujours semblé très-sérieux.

ROSE

II m'a assez souvent grondée.

GEORGE

Et elle également.

LE SEIGNEITR.

Et aujourd'hui?

Aujourd'hui Rose est ma femme, et je la crois une bien brave femme.

LE SEIGNEUR

Gela est certain.

ROSE, d'un air significatif.

Et VOUS?...

LE SEIGNEOR.

Eh bien?

GEORGE, se courbant

Peut-on VOUS congratuler?

LE SEIGNEUR

Pourquoi?

ROSE, en faisant la révérence.

Si VOUS ne le prenez pas en mauvaise part.

GEORGE

Tous aurez aussi bientôt une charmante petite femme.

LE SEIGNEUR

Pas que je sache.

ROSE

Dans peu de jours vous en c(Hiviendrez.

S7S LE GËKËRÀL CITOYEN.

GEORGE

EDe est si aimable.

LE SEIGNEUB.

Qui donc?

ROSE

Mademoiselle Caroline, qui vint ici dernièrement en visite avec sa vieille tante.

LE SEIGNEUR

Voilà donc la sowrce de vos soupçons? quelle pcnctration 1

GEORGE

Je pensais, cependant, que cela était visible.

ROSE

C'est bien joli à vous de vous marier aussi.

GEORGE

On devient un tout autre homme, vous verrez.

• ROSE

Ce n'est que maintenant que je me plais au logis.

GEORGE

Et moi, il me semble, à moi, que je siiis né dans cette maison-là.

ROSE

Et quand mon père lit les gazettes et s'inquiète de politique, alors nous nous pressons les mains.

GEORGE

Et lorsque le vieillard s'afflige de la tournure que prennent les affaires du dehors, alors nous nous rapprochons l'un de l'autre, et nous nous réjouissons que les choses se passent si paisiblement et si amicalement chez nous.

LE SEIGNEUR

C'est ce que vous pouvez faire de mieux.

ROSE

Et quand mon père ne peut pas comprendre comment la nation française se tirera de sa dette, je dis, moi : Geoiige, prenons garde à ne pas faire de dettes.

GEORGE

Et quand il est hors de lui de ce qu'on arrache là-bas aox gens, leurs biens, leur fortune, nous combinons les moyens

d'améliorer le petit terrain que nous avons le projet d'acheter avec l'argent de la Loterie.

LE SEIGNEUR

Vous êtes des jeunes gens prudents.

ROSE

Et heureux.

LE SEIGNEUR

Je vois cela avec plaisir.

GEORGE

Vous en ferez bientôt aussi lexpérience.

ROSE

C'est alors qu'on reverra des fêtes encore au château.

Comme du vivant de madame votre mère.

ROSE

Qu'on allait toujours trouver lorsqu'il y avait quelqu'un de malade.

GEORGE

Qui avait de si bons remèdes pour les contusions.

ROSE

Qui avait de si bons onguents pour les brûlures.

LE SEIGNEUR

Si je me marie, je chercherai une femme qui lui ressemble.

GEORGE

Vous Tavez trouvée.

ROSE

Je le pense ne vous fâchez pas, monseigneur, de notre

familiarité.

GEORGE

C'est que nous ne pouvions attendre...

ROSE

Et qu'il nous tardait de vous voir vivre heureux comme nous.

GEORGE

U ne faut pas tarder plus longtenps.

'lis

574 LE GENERAL GITOIEB.

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