‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 279 sur 390 · UN PAYSAN · texte numérisé non relu

UN PAYSAN

Oui, et elle a parlé avec nous, et nous lui avons dit qu'il! avait du tapage chez son père.

MARTIN

Maintenant c'est fini.

ROSE

0 malédiction!

GEORGE

Voilà comme l'on 8*enferre avec des détours.

LE JUGE

Et Yous Toilà là maintenant; que dites-vous à cela? du se

regardent les uns et les autres. Le juge marche en long et en large, et

trouve le bonnet^ Oh 1 oh ! qu'est-ce quc Cela?

GEORGE

Je ne sais pas.

LE JUGE, regardant autour de lui, trouve le chapeau avec la cocarde.

Et cela?

ROSE

Je ne comprends pas.

LE JUGE, le présentant à Martin.

Eh bien, vous, peut-être savez-vous? peut-être comprenezvous?

MARTIN, à part.

Que dois-je dire?

LE JUGE

C'est donc à moi de vous l'expliquer. Cela, c'est un bonnet de la liberté; cela, une cocarde nationale; une belle découverte ! Maintenant vous êtes là muets, parce que la chose est claire. — Dans cette maison se tient le club des conjurés : c'est le rendez-vous des traîtres, le quartier général des rebelles! — C'est une trouvaille ! c'est une bonne fortune I . . . Vous vous êtes certainement divisés comme les Français; vous vous êtes pris aux cheveux, et vous vous êtes trahis. Voilà qui est bien; continuons l'examen.

ROSE

Mon cher monsieur le juge I

LE JUGE

Autrefois vous étiez bien dédaigneuse, maintenant vous sa?- 7ez prier.

GEORGE

Il faut que vous sachiez. ..

LE JUGE

Il faut... Vous parlerez bientôt autrement.

MARTIN

Monsieur mon compère?

LE JUGE

Ahl me voilà redevenu votre compère?

ROSE

N*ête8-vou8 pas mon parrain?

LE JUGE

Les temps sont bien changés.

MARTIN

Veuillez écouter...

LE JUGE

Silence! ne m'approchez pas... N'avez-vous pas déjà pris vos dispositions pour planter Tarbre de la liberté? Ne vous .êtes- vous pas promis de m*accrocher au premier poteau? On sait comment lô peuple séditieux parle maintenant des autorités, ce qu'il en pense; il lui coûtera bon. (Aux payiws-) Qu'on les emmène et qu'on les conduise au tribunal. U but mettre les scellés; il faut dresser inventaire. On trouyerades armes, de la poudre, des cocardes; cela donnera lieu à une enquête. Allons! allons!

MARTOr.

Oh ! malheureux Martin !

ROSE

Laissez-nous nous expliquer, monsieur le juge.

LE JUGE

Quelque mensonge, mamselle Rosette? Allons i a.iv...

GEORGE

S'il n'en peut être autrement, il faut que Schnaps vieune avec nous. Ces choses s'éclairciront.

LE JUGE

Que dites- vous de Schnaps?

GEORGE

Je dis...

ROSb, à la fenêtre.

Ah! heureusement voilà moiiseigneiur qui vient!

LE JUGE

U l'apprendra bien assez tôt.

GEORGE

Âppelle-Ie!

ROSE

Monseigneur ! monseigneur ! au secours ! au secours !

LE JUGE

Silence donc ! il ne vous secourra pas. Il sera bien aise de voir de tels coquins découverts ; et puis c'est une affaire de police, une affaire criminelle qui me regarde, qui regarde le tribunal, le gouvernement, le prince; il faut faire un exemple.

HARTIlf.

Allons, le voilà qui parle aussi d'exemple ^

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