ACTE III. m
TOUS une élève des grands événements qui nous donnent une idée vive de tout ce qu'un citoyen bien pensant doit désirer et détester : c'est à vous à lutter contre les personnes de Totre rang. On ne peut juger et blâmer que ses égaux. Tout le blâme qu'on jette sur des supérieurs ou sur des inférieurs, est mêlé d'idées accessoires et de petitesses; il faut être jugé par ses pairs. Hais précisément parce que je suis et veux rester un citoyen rendant hommage aux classes supérieures de la société, que j'ai plus d'une raison d'estimer, je me déclarerai l'irréconciliable ennemi de ces petitesagaceries envieuses, de cette haine aveugle, filles de Tégoisme, qui combattent opiniâtrement contre des prétentions, se formalisent sur des formalités, et, sans avoir elles-mêmes aucune réalité, ne voient que ra[)parence là où il faudrait voir le bonlieur et ses suites. Vraiment! si tous les avantages tels que la santé, la beauié, la jeunesse, la richesse, l'esprit, les talents, le climat, doivent compter pour quelque chose, pourquoi celui d'être le descendant d'une série d'ancêtres braves, célèbres et glorieux devrait-il ne compter pour rien? Je dirai cela partout où j'aurai voix, au risque même de mériter le nom odieux d'aristocrate.
Ici se trouye une lacune que nous remplibons par la narration. Le sérieux de cette scène est tempéré par le conseiller, qui avoue son inclination pour Louise, et désire lui donner sa main. On parle de leurs relations avant le malheur arrivé à la famille de Louise, et de la peine que se donne cet homme e&timable pour se procurer, ainsi qu'à Louise, une existence tranquille.
Une scène entre la comtesse, Louise et le conseiller, en nou<^ faisant mieux connaître trois bcaut carnctères, nous dédommage en quelque sorte de ce que nous allons souffrir dans les scènes suivantes. Ensuite on se réunit au-^ tour d'une table h thé où Louise sert; peu à peu toutes les per*>onnes de la pièce b'y rassemblent, et enfin on introiluit aussi le^ pnysans. Comme on ne peut s'empêcher de parler politique, le baron, sans cacher sa malice et ses moqueries, propose de représenter une assemblée nationale : le conseiller est nommé président, et le caractère des assistants s'y développe en toute liberté. La comtesse, ayant son fils avec la tête bandée, à côté d'elle, représente la princesse doni le pouvoir sera modifié; à quoi elle consent volontiers, suivant ^es idée» libérales. Le conseiller, raisonnable et modéré, cherche à maintenir l'équilibre, ce qui devient à chaque instant plus difficile. Le baron joue le rôle du gentilhomme qui abandonne son ra g et qui passe au parti du peuple; les autres alors, trompés par ce dégui>ement perlide, lu^ découvrent foutes leurs pensées. Pendant ce temps les intri-ues d'amour vont leur train : le baron ne manque pas de dire à Caroliue les choses les plui flatieiues; on ne peut méconnaître, dans l'ardeur que met Jacob à défendre
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let dfolU de la Mignenrie, vn pancbant inoonsdeiit ponr la jeune comtose. Looiie oe toit là-dedana que ranéantissemeot du bonheur domesU(i!ie dont elle M croyaii ai pré»; et B^'emenfeld m mêlant au diMnaaions aérieÔMS ies payaana, égayé de temps es temps la soèoe {«r ses fanfaronnades, ses contes et sa bonne lîumear. Le magister, que nous connaissons déjà, passe toatei les borne» ; «*t, comme le baron l'eicite de plus en pins, ils en vieDoeal inx injures personnelles, et lor>qu*il ar ive à parler de la blessure do jeans comte, comme d'une chose iosignitianie et même ridicule, la comtesse se Ocbs à tel point que le magister reçoi* aon oo gé ; le baron augmente le mal, et k brait allant toujours croissant, il en profite pour supplier CaroUne de fan accorder cette nuit un rendea-voos secret. Dans ces débat», la jeune comtesse se montre extrêmement TÎolente; elle défend son parti, s'opinifttre sur set possessions; mai» cette dureté est modifiée par de la naiveié, par un csnotère franr 9i tout ù (ait ju»te, qui même ne laisse pas d'avoir une certiioe amabilité. On Toit dooe que cet acte' se termine fort tumultueusement, aans produire toutefois une impression aussi fftcheuae que l'eût permis k aituation. 11 est aana doute à regretter que i*autt nr ne se soit pas donné k peine ou n'ait pu en le temps de surmonter les difficultés d'une pareille soèae.