‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 324 sur 390 · SCÈNE Vin · texte numérisé non relu

SCÈNE Vin

FRËDËRIQUE seule, puis LE BAILLL

FRÉDÉRIQUE

Cela ne me plaît point ; ils sont convaincus que le bailli est un fripon , et ils ne veulent pas l'attaquer en face ; ils sont convaincus qu'il les a trompés, qu'il leur a nui , et ils veulent le récompenser. Cela ne vaut rien du tout ; il vaudrait mieux le punir et faire un exemple. Le voici qui vient tout à point.

LE BAIIXI.

J'apprends que monsieur le conseiller a encore quelque chose à me dire avant son départ. Je viens recevoir ses ordres.

FRÉDÉRIQUE, prenant sa carabine.

Attendez un instant, il va être de retour.

Elle met de la poudre dans le bassinet. LE BAILLI.

Que faites-vous-lày mademoiselle?

FRÉDÉRIQUE

J'apprête mon fusil pour demain matin ; je veux tirer un vieux cerf.

LE BAILU.

Hé, hé ! vous le chargez des aujourd'hui, et vous mettez déjà de la poudre dans le bassinet. C'est bien hardi ! Un malheur est si vite arrivé 1

FRioéRIQUE.

Ah! c'est (piè j*aime être prête d'a?ance.

Ella lèfelê ftufl, et le dirige comme par hasaid contre lui.

Eh! mademoiselle, gardez-yous de tenir jamais un fadl chargé contre quelqu'un! le mal y peut trouver son compte.

FRÉoéaiQUE, dans la mftne position.

Écoutez, monsieur le bailli, il faut que je vous dise un

mot à l'oreille. Vous êtes un infâme scélérat.

LE BÀILU.

Quel langage, mademoiselle ! Otez ce fusil.

FRÉDiRIQUB.

Ne bouge pas, infâme coquin ! tiens, j'arme; tiens, je vise. Tu as volé un document.

LE BAILU.

Un document? Je n'ai connaissance d'aucun docnmfflt.

FRéDÉRIQUE.

Tiens, je vais tirer, tout est prêt. Si tu ne me rends tout de «uite ce document, ou que tu ne me dises où il est et œ qu'il est devenu, je vais toucher du doigt cette petite pcmite, et tu meurs sur la place.

LE BAILU.

Pour l'amour de Dieu !

FRÉOÉRIQUE.

Où est le document?

LE BAILU.

Je ne sais pas. Otez le fusil, vous pourriez, par méprise...

FRÉDÉRIQUE, de même.

Par méprise ou par ma volonté. *% es mort. Parle; où est le document?

LE BAILU.

n est... enfermé.

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