SCÈNE IV
Les pRÉcéDENTS, EUGENIE, comme morte, portée sur des branchages entreUcés; LE DUC, LE GUIRUKGIEN, Suite.
LE DUC, au chirurgien.
Homme expérimenté auquel est coiiué l'inestimable trésor de la vie de notre roi, si ton art peut quelque chose, rouvre l'œil brillant de cette jeune fille, fais que l'espérance apparaisse encore pour moi dans son regard; que du moins, pour un instant, je sorte de l'abime de ma douleur! Si tu ne peux rien de plus, si tu ne peux me la conserver que quelques minutes, je veux m'enipresser de mourir avant elle, pour dire
avec consolation, au moment de la mort : Ma fille vit encore! n. 42
4M LA FILLE HATURELLE.
tB ROI.
Éloigne-toi, mon oncle; je ^ais remplir ici, a?ec fidâité, les devoirs d'un père. Cet homme habile tentera tous les moyens; il soignera ta fille avec autant de conscience ^ de sollicitude que si md-méme j'étais couché id entre ses bras.
LE DUC
Elle remue.
LE ROI
Est-il vrai?
LE COMTE
Elle remue.
L^ DUC
Elle regarde fixement le ciel, et promène sa vne autoar d'elle; elle vit ! elle vit !
LE ROI^ se retirant un peu.
Redoublez vos soins.
LE DUC
Elle vit! elle vit! ses yeux se sont rouverts â la lumière. Oui, elle reconnaîtra bientôt son père, ses amis. 0 mon enfant chéri ! ne laisse pas errer ainsi autour de toi un regard étonné, incertain; tourne*le d'abord vers moi, vers ton père; reconnais-moi; et, puisque tu sors de cette nuit silencieuse, que d'abord ma voix frappe ton oreille.
EUGéNIE, qui peu à peu est revenue à eUe et s*est relevée.
Que nous est-il arrivé?
LE DUC
Regarde-moi : me recoimai&-tu?
EUGÉNIE
Hon père !
Oui, ton père, que ces douces paroles arrachent au désespoir.
EUGÉNIE
Qui nous a transportés sous ces arbres?
LE DUC, auquel le chirurgien a donné un linge blanc.
Reste tranquille, ma fille; prends ce fortifiant avec calme et confiance.