SCÈNE III EUGÉNIE, LA MAITRESSE DE LA COUR
EUGÉNIE
Est-ce là le talisman dont tu te sers pour m' enlever, me tenir captive, et repousser tous les hommes honnêtes qui veulent me porter secours? Laisse-moi voir cette feuille fatale. Je connais ma misère, laisse-moi connaître aussi ce qui a pu la causer.
LA MAÎTRESSE DE LA COUR, lui tendant le papier.
La voici, regarde.
EUGÉNIE, se détournant.
Quel coup terrible ! Et je vis encore, quond je suis foudroyée par le nom de mon père et par celui du roi ! Mais il y a eu erreur; un employé de la couronne, gagné par mon frère pour me perdre, s'est peut-être servi de la puissance suprême témérairement et sans ordre. Oui, on peut encore me sauver, je veux l'essayer; montre-moi le papier.
LA MAÎTRESSE DE LA COUR, le lui montrant.
Tu le vois.
EUGÉNIE, se détournant encore.
Le courage m'abandonne. Non, je ne le puis pas; quoi qu'il en soit, je suis perdue. Tous les biens de ce monde me sont refusés, il faut y renoncer pour jamais. C'est donc là tout ce que tu fais pour moi ! Oui, tu es unie avec mes ennemis pour amener ma mort; on veut m'enlerrer vivante. Permets-moi donc au moins de m'approcher de l'église; elle ensevelit dans son sein tant de victimes innocentes ! Voici le temple, et c'est ici la porte qui conduit à la tranquille misère, comme au
bonhenr tranquille. Laisse-moi faire en secret cette démarche, quel que soit le destin qui m'y attende, je m*y résignerai!
LA MAÎTRESSE DB LA COUR
Je Tois Tabbesse qui descend vers la place, accompagnée de deux de ses sœurs : elle aussi est jeune et de grande &mille y fais-lui part de tes désirs; je ne m*y oppose pas.