‹ Le théâtre (volume 2)Chapitre 81 sur 390 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

pour le souper ; j'ai préparé ce qu'il faut. — Ne me trahifses pas, ma mère.

Maigre chère.

CLAIRE

Attendez! et puis, je pense à une chose : quand il est près de moi, je n'ai pas faim du tout; il ne lioit donc pas avoir non plus grand appétit quand je suis près de lui.

Tu crois? (Claire frappe du pied et se détourne avec humeur.)

Qu'as-tu donc?

Comme tous êtes froid aujourd'hui ! vous ne m'avez pas encore embrassée une seule fois. Pourquoi avez-vous les bras emmaillotiés dans un manteau, comme un enfant de deux jours? Il ne sied ni à un soldat ni à un amant d'avoir les bras emmaillotiés.

Quelquefois, chère petite, quelquefois. Quand le soldat est en embuscade, et qu'il veut surprendre Tennemi, il se blottit, croise les bras et médite son coup. Et un amant...

LA MÈRE

Ne voulez-vous pas vous asseoir, vous reposer? Moi, je m'en vais à la cuisine. Glaerchen ne pense à rien quand vous êtes là. U faudra vous contenter de ce que nous avons.

Votre bonne volonté est le meilleur assaisonnement.

La mère sort.

CLAIRE

Et mou amour, quesera-t-il donc!

, EGHONT.

Tout ce que tu voudras.

CLAIRE

Comparez-les, si vous en avez ie cœur.

EGHONT.

Laissons cela.

n rejette son manteau et parait dans un costume magnifique

118 EGHONT.

Oh!

EGMORT.

J'ai les bras libres maintenant.

U rembnflM.

CLAIRE

Laissez! laissez! vous allez vous salir. (Elle recale de qnelqaes

pas.) Quelle magnificence ! Je n'ose vous toucher.

EGHONT.

Es-iu satisfaite! Je t'ai promis de Tenir un jour en Espagnol.

CLAIRE

Il y a longtemps que je ne vous en disais plus rien : je pensais que vous ne vouliez pas... Âh! et la Toison d'ori

EGMOMT.

Tu la vois enfin.

CLAIRE

C'est l'Empereur qui t'a suspendu cela au cou?

EGHONT.

Oui, mon enfant; et celte ch.iine et cette décoration sont pour celui qui les porte la source des plus nobles privilèges. Je ne reconnais sur la terre d'autre jnge de mes actions que le grand maître de Tordre avec le chapitre des chevaliers.

CLAIRE

Tu peux hardiment accepter le monde entier pour juge... Mais ce velours! il est trop riche. Et cette broderie!... on ne sait par où commencer.

EGHONT.

Examine tout, rassasie-toi.

CLAIRE

Et la Toison d'or! vous me disiez un jour que c'est une distinction d'un grand prix, qu'on ne mérite et qu'on n'obtient qu'à force de peines et de tnivaux. Elle est d*un grand prix! je puis donc la comparer à votre amour; je le porte de même ici, au cœur. — Mais ensuite...

EGHONT.

Eh bien?

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