ACTE m
la maio d'Egmontet se pencbe vers lui.) Je t'eilteilds, chère enfant!
ta Toudrais ouvrir les yeux.
11 lai donne un baiser tur les yeui.
CLAIRE
ihl laisse-moi me taire! laisse-moi te tenir! laisse-moi regarder dans tes yeux! y trouver tout, consolation, espé*
rance, joie, douleur! (Elle rembrasse et le regarde fiiement.) DiS'
moi' dis ! je ne comprends pas! es-tu bien Egmont? le comte d'Ëgmont? ce grand Egmont qui fait tant de bruit, dont on parle dans les gazettes, dont les provinces attendent leur bonheur?
Non, Clserchen, je ne suis pas cet Egmont-là.
CLAIRE
Gomment!
Vois-tu, QaBrchen... — Que je m*asseye! (u s'assied, ciairt
^ met à genoux devant lui sur un tabouret, appuie ses deux hns sur les geooax d'Egmont et tient ses yeux attachés sur lui.) Cet Egmont-là
est an Egmont chagrin, solennel, froid, contraint de s'observer sans cesse, de prendre tantôt un masque, tantôt un autre; il est persécuté, méconnu, ennuyé, pendant que le monde le tient pour gai, libre et joyeux; il est aimé d'un peuple qui ne sait pas ce qu'il veut, honoré et exalté par une multitude dont il n'a rien à attendre, entouré d'amis auxquels il n'ose se confier, observé par des hommes qui ont à cœur de le pénétrer et de s'emparer de lui; travaillant et se fatiguant souvent sans but, presque toujours sans fruit... Oh! laisse* moite taire les douleurs qu'il pense et éprouve. Hais cet Egmont que voici, ClaBrchen, il est sincère, heureux, tranquille, aimé et connu du cœur le plus sensible, que de son côté il connaît à fond, et qu'avec un amour, une confiance infinis, il presse contre le sien, (il la serre dans ses bras.) C'est ton Egmont!
CLAIRE
Que je meure donc! le monde n'a pas de joies au-dessus de celles-ci.
n. il
122 EGHONT.