SCÈNE VIL LÉANDRE, COLOMBINE, à table, PANTALOiN ET SOLITUDE
montés sur leurs chaises derrière le paravent. LÉANDRE, rentrant, un flacon d'aniselte à la main.
Je n'ai pas été longtemps, ma chère Colombine, et voici ton anisette. Ah ! c'est gentil, cela! Pour la peine, faites vite une risette à votre petit mari? (coiombine lui sourit. — Etonné.) Ah!... OU dirait qu'elle m'a souri. (Haussant les épaules.) Ce quc c'cst, Cependant, que l'illusion! Ecoute un peu^, ma chère amie... (n lui prend la
main et retire vivement la sienne.) Ah! mon DieU ! CU vérité,
j'ai cru toucher la vraie main de Colombine î J'en suis
tout troublé. Voyons, voyons! (Il verse deux petits verres d'anisette, en place un devant Colombine, et l'autre devant lui ; mais au moment où il va boire le verre de Colombine, celle-ci le prend automatiquement et le boit.)
LÉ ANDRE, se levant, effrayé, et reculant.
Ah! mon Dieu! Je ne rêve pas! j'ai vu... Est-ce le diable?
(Colombine lui tend les bras.) COLOMBINE.
Léandre, c'est moi.
PANTALON ET SOLITUDE, applaudissant du haut du paravent.
Bravo ! bravo I la vraie Colombine.
(ils descendent et entrent en scène.) LÉANDRE.
Que vois-je! mon beau-père, Solitude?
COLOMBINE, qui s'est levée.
Et ta Colombine, elle-même, qui ne croira jamais aimer trop le plus fidèle et le plus rare des fiancés!
(Elle lui tend la main.)