‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 100 sur 166 · SCÈNE IV Les Précédents, Froh et Donner · texte numérisé non relu

SCÈNE IV Les Précédents, Froh et Donner

Froh entoure Freia de ses bras, Donner menace les géants de son marteau. Wotan sépare les adversaires avec sa lance.

Enfin voici Logue ironique et calme, il loue l'admirable construction duWalhall. Wotan lui remémore qu'il l'admit contre le gré de tous parmi les immortels, qu'il tienne donc sa parole. Logue a promis son zèle, mais non pas l'impossible. Il s'explique enfin, il a cherché une

riche rançon, il n'a rien trouvé qui compense le charme de l'amour. Un seul être a maudit l'amour, le Nibelung Albérich ; l'or du Rhin, il l'a pris, et les nixes en deuil réclament leur jouet ; il a promis de porter la plainte à Wotan.

Fasolt dit que cet or l'inquiète aux mains du gnome, etFafner demande à quoi il est utile. « A forger un anneau de la toute-puissance. » Wotan se souvient de cet or du Rhin qui crée des trésors si on y inscrit des runes, et Fricka demande s'il ne peutêtre œuvré en bijou, et sur l'affirmation de Logue qui assure qu'ainsi on fixe le cœur, elle câline Wotan, qui rêve déjà du fatal talisman et bientôt s'écrie : — « Je veux l'anneau. » — « Maudire l'amour ! » s'écrie Froh. — « Non dit Logue, le vol. » Un moment de réflexion et d'attente. Fafner persuade à Fasolt que l'anneau vaut mieux que Freia et le déclare à Wotan qui les rudoie. Alors ils saisissent Freia qui crie et pleure et l'entraînent ; jusqu'à la nuit, elle ne sera qu'un otage à échanger pour l'or. Froh et Donner interrogent Wotan des yeux. Logue décrit la fuite des géants emportant Freia vers Riesenheim.

Une brume descend, le visage des dieux vieillit. Tous regardent Wotan perdu dans ses réflexions. Ils n'ont pas encore ce jour-là mangé les pommes d'or ; sans ces fruits, les dieux mourront. « Viens, Logue, au Nibelheim, » s'écrie WTotan ! Logue le précède, disparaît dans une crevasse d'où s'échappe des vapeurs de soufre. Wotan le suit, la vapeur remplit la scène, s'épaissit, puis se

fixe en forme de rochers ; on dirait que la scène s'enfonce. Des lueurs rouges paraissent; on entend les marteaux sur l'enclume.

Page 1