SCÈNE II
Siegfried, Mime, puis Fafner en dragon, puis VOiseau*
C'est l'aube. Siegfried porte Nothung à une ceinture faite d'écorces tressées. Il va donc apprendre la peur. Il s'assied, en attendant sous le tilleul, et s'informe si le cœur du Dragon est à la même place que chez les autres animaux. Mime s'éloigne, il viendra apporter à boire à Siegfried, après le combat. Celui-ci le chasse.
Ah ! qu'il est heureux de savoir que cet affreux Mime n'est pas son père. Il pense à sa mère ; la forêt murmure ; un oiseau chante au-dessus de sa tête ; il lui parle, et puis avec un roseau se fait un chalumeau et cherche à imiter l'oiseau ; alors il prend son cor et guette si l'oiseau comprend ses fanfares.
Fafner s'est dressé, et il bâille : « Qui entre? » dit-il.
« — Un jeune homme qui voudrait apprendre la peur.
« — Je cherche à boire et je trouve à manger. »
Il se met en garde. Le Dragon lance un jet de bave que Siegfried évite, le blessant à la croupe. Fafner rugit et se dresse pour tomber de tout son poids sur le héros et ainsi découvre sa poitrine. Siegfried lui enfonce l'épée jusqu'à la garde.
Fafner expirant lui demande qui il est. « — Je ne sais, ce sont tes défis qui m'ont forcé à te tuer.
« — La race des géants finit en moi. Celui qui guida tes pas médite ton trépas. » Il meurt.
En arrachant l'épée de la blessure, Seigfried se mouille le doigt : « Ce sang brûle. » 11 le porte à sa bouche; aussitôt il comprend le langage de l'oiseau: « Tio, Tio, Siegfried peut prendre le heaume qui rend invisible et l'anneau de la toute-puissance. »
Siegfried remercie l'oiselet et pénètre dans l'antre.