‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 45 sur 166 · UN PATRE · texte numérisé non relu

UN PATRE

Chevaliers, Chanteurs (Minnesingers).

Comtes et nobles Thuringiens, Dames nobles, pages, Pèlerins Sirènes, naïades, Nymphes, Bacchantes.

La scène se passe en Thuringe, à Wartburg, au début du xine siècle.

Au premier tableau : Au Venusberg (Hœrselberg près d'Eisenach.)

Au deuxième, une Vallée près de la Wartburg.

Au troisième, la Salle de Minnesingers à la Wartburg.

Au quatrième, comme au deuxième.

OUVERTURE

Après l'analyse de Liszt, il serait absurde de commenter cette magistrale symphonie dramatique à la Weber. Mais il convient de signaler l'essence philosophique de ces pages rayonnantes: des simples, des lettrés après l'avoir entendue ont dit, les uns, que c'était la lutte des anges gardiens contre les démons, les autres le conflit du devoir et de la passion, enfin que le bien, le mal, semblaient s'y combattre; impression d'une grande justesse.

Le thème des pèlerins représente l'idéalité sous sa forme

de pureté religieuse, il s'affirme contre l'énervante mélodie du Venusberg : et sans cesse le réel et le rêve, l'au-delà et la matière se pressent, se blessent sans qu'aucun cède. Wagner a su réaliser cette abstraction en la produisant dans l'âme humaine : ce que l'on voit à cette audition, ce n'est pas seulement le cortège des pèlerins et les groupes lascifs des nymphes, c'est l'àme de l'homme, théâtre de ce tournoi sinistre de la lumière et de l'ombre, de la matière et de l'esprit, du péché et du salut.

Depuis Beethoven, on n'avait pas fait palpiter le cœur avec cette puissance, et cette ouverture dépasse tout ce que le maître avait écrit auparavant.

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