SCÈNE II Élisabeth, Wolfram et Tannhauser
Le chevalier se jette aux pieds de la jeune fille.
« Ne soyez pas à genoux dans votre royaume. « Soyez remercié d'être venu ! Où êtes-vous resté si longtemps? »
Un oubli absolu sépare hier d'aujourd'hui; il n'espérait plus la saluer. Un miracle l'a ramené. Élisabeth a un élan de joie, elle ouvre son âme : autrefois elle aimait les mélodies savantes des chanteurs ; mais le chant de Tannhauser lui emplissait le cœur d'une vie nouvelle, et ce plaisir avait la vivacité d'une douleur. Quand 11
partit, elle ne connut plus la joie. « Henri, quel prodige aviez-vous exercé sur moi ? »
« — Rends hommage au Dieu d'amour.
« C'est lui qui te parlait dans mes mélodies.
« C'est lui qui m'a ramené vers toi. »
Ils bénissent le moment de leur doux revoir ; ils croient au bonheur.
« — - Tu es à moi, » dit Tannhauser.
Et Wolfram, au fond de la scène, renonce à son rêve.
« Ainsi m'échappe ma dernière lueur d'espoir ! »
Tannhauser, en quittant Élisabeth, embrasse Wolfram et s'éloigne avec lui.