SCÈNE V
Les précédents, le roi, Lohengrin, les nobles.
Ils sortent du palais. Eisa se jette aux bras de son époux ; elle raconte sa funeste pitié. « A-t-elle pu semer le doute dans ton cœur? » demande Lohengrin. Eisa pleure sur l'épaule du héros. Soudain, Frédéric sort de l'église : « Vous avez été trompés par l'artifice d'un enchanteur. » Avec l'énergie du désespoir, il se fait écouter :
« Le nom, la patrie de cet inconnu ? »
Lohengrin refuse de répondre, même au roi.
Le chœur après avoir hésité, s'empresse confiant vers Lohengrin ; pendant ce temps, Frédéric se penche vers Eisa. « Laisse-moi lui enlever la plus petite partie de son corps, le bout d'un doigt, et alors il ne te quittera plus. Je serai près de toi cette nuit ; appelle-moi, et tout sera fait sous peu .
Lohengrin intervient. « Qui donc écoutes-tu, Eisa?» Elle tombe accablée. « Loin d'elle, maudits ! » dit-il au couple pervers et à Eisa. « Veux-tu me faire la question fatale? » Non, l'amour et la reconnaissance lui donnent la foi. L'orgue retentit, les cloches sonnent : Le cortège se forme : le roi ayant Eisa à sa droite et Lohengrin à sa gauche. Du haut du parvis, Eisa voit le geste menaçant d'Ortrude et se serre avec force contre son époux.
La mélodie de l'épithalame évapore sa joie : les plus beaux époux du monde vont connaître la sainte joie d'amour : Eisa la persécutée, le généreux chevalier,
vont trouver leur récompense en leurs baisers : et le motif de la victoire, cette phrase incomparable en sa radieuse fierté, ce dessin progressif où rayonne toute la beauté invincible du chevalier au cygne sonne et se développe idéalement impérieux, il domine de sa gloire les accents de zèle et de joie : c'est comme la chanson radieuse du cimier, l'éclair de l'épée encyclique; c'est après le prélude, en sa brièveté, la beauté seconde de la partition.