‹ Le théâtre complet de WagnerChapitre 97 sur 166 · SCÈNE II Les Précédents, Albérich · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Précédents, Albérich

11 sort d'une caverne et cherche à escalader les roches; la vue des nixes joueuses le frappe d'étonnement et de désir ; il les appelle : « Beautés, je sors du noir Nibelheim. »

A sa voix, les Nixes s'étonnent et plongent pour voir qui les écoute. A la vue du nain, Fosshilde remonte avec dégoût, Voglinde et Velgounde la suivent, autour du roc central : Un dialogue commence, le Nibelung voudrait se mêler aux jeux des alfes, il avoue son envie de les prendre en ses bras et les supplie de descendre.

Voglinde vient flotter près du roc où Albérich regarde ; celui-ci s'exténue à grimper et toujours retombe. Enfin il a pu s'approcher et veut la saisir. La nixe gagne un autre roc et de là l'invite, ironique, à faire sa cour, puis elle glisse au fond du fleuve ; Albérich descend à sa suite ; avec un éclat de rire, Voglinde s'est perchée sur un roc.

Velgounde à son tour appelle le Nibelung qui court vers elle. A son approche, elle se récrie «Fi! le gnome vilain, » et glisse entre ses bras au rire des autres nixes.

Flosshilde plonge vers le Nibelung, se laisse relancer et l'appelle « Alfe adoré » et lui parle d'amour. Albérich se croit aimé quand Voglinde et Velgounde venues tout près éclatent de rire et que Flosshilde, rompant l'étreinte du gnome, rejoint ses sœurs.

Elles chantent en nageant ironiques autour d'Albérich qui s'enrage. « J'en veux une ! »

De roche en roche, il saute et cherche à saisir une des filles du Rhin : elles lui échappent en riant. Vainement il retombe au fond du fleuve ; il revient à l'assaut, manque d'en saisir une, trébuche et revient encore à la surface, hors d'haleine montrant le poing.

Tout à coup, ébloui et fasciné, il aperçoit sur la cime du roc central une lueur s'allumer sous le rayon de l'aube. Bientôt, l'éclat de l'or illumine le fleuve, salué par la joie des ondines. « Heiaiaheia ! Vallalala, or pur, or pur, soleil du Rhin qui resplendis dans le fleuve calme. » Avec ivresse elles tournoient autour du roc étincelant.

« Ce sourire splendide, qu'est-ce donc, ô froides nixes? »

« C'est l'or qui tantôt dort et tantôt veille, l'étoile que le matin allume sous les flots ; celui qui forgerait un anneau de cet or aurait la toute-puissance. »

« Cessez ce babil dangereux, » s'écrie Flosshilde.

« Bah ! répond Voglinde, pour forger l'anneau, il faudrait renoncer à l'amour et le maudire. L'amour règne sur tous et même sur le gnome. » Elles continuent h folâtrer. Albérich a écouté avec une extrême attention le bavardage des fdles du Rhin. Tout à coup, il s'élance et se cramponne au roc,, les ondines s'effarent et fuyent : « Le nain nous poursuit, l'amour l'affole. »

Albérich atteint la pointe du roc: « Nixes sans cœur,

j'éteins ce flambeau, j'arrache l'or au roc, je forgerai l'anneau, car je maudis l'amour et le renonce. »

Il arrache l'or et se précipite vers les profondeurs où il disparaît. L'ombre envahit la scène.

Les nixes affolées poursuivent le ravisseur dont on entend le rire strident : le brouillard s'épaissit, cache toutes les formes, puis se résout en nuages, peu à peu éclairés»

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