‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 2)Chapitre 108 sur 203 · V. 1247-1276] LA GIGANTOMACHIE · texte numérisé non relu

V. 1247-1276] LA GIGANTOMACHIE

IVPITER.

Morne, où te tenois tu caché cluraat l'ébat. MOME.

48 Aiiec la Cytheride en merueilleux débat, IVPITER.

Sur quoy?

MOME

Tu le sçauras, demy morte de crainte, Serre, luy ay-ie dit, d'vne amoureuse estvainte 5j Mome ton bon amy qui t'oflPre le couuert, Qui te garantira si la bataille on perd. Mais pour n'estre tant beau ma prière inutile, VENVS.

5^ Père que de l'Olympe ou ce traistre on exile. IVPITER.

Que veux tu? ce freslon lupiter n'épargnant, [280]

T'oblige d'endurer son aiguillon poignant; 57 Mais vn muet silence obscurcit nostre ioye,

MOME

A cause que chacun des mâchoires s'employe,

IVPITER.

Recomble de Nectar mon hanap l'apportant, 60 Quiconque m'aymera de suite en face autant. MOME.

Mon zèle te va rendre vne prenne notoire, Que nul d'eux ne m'égale en matière de boire.

Apres que les Dieux ont beu.

IVPITER.

53 Telle action me plaist qui témoigne le cœur, Désormais Apollon donne a ce sacré Chœur Quelque accord que ta voix à la Lyre marie, gg Que sa douceur aux traits de l'Archer apparie. APOLLON.

Le silence obtenu Père, tu as après Vn beau chant de victoire en ton honneur exprès.

IVPITER. 1281]

gfj Que chacun attentif a cette heure l'écoute.

MOME

De la pance la dauce il n'y a point de doute, Ma disposition te requiert que du moins 79 Elle paroisse aux yeux de tant de bons téuioings? IVPITER.

Ne te trauiiille pas, nous la tenons pour veuë, D'extreuiu agilité nous la tenons pourueuë, rr Paix, ne t'ingère plus de parler importun, MOME.

Parler sans dire mot, sera-ce pas tout vn?

142 LA GTGANTOMACHIE. [v. 1277-1320

APOLLON chantant,

Trouppe compagne au Dieu suprême, 78 Dessur qui ne peut le trépas,

Suy ma voix, & d'vn zèle même

Maintenant ne t'épargne pas 81 A chanter la belle victoire.

Du grand lupiter ton recours,

Qui pour te conseruer sa gloire 84 Ne veut que son bras de secours.

Contre luy la Terre mutine [282]

S'éleue factieuse en vain, 87 Contre sa présence diuine.

L'orgueil du fresle genre humain

Ressemble au nuage qui passe, 90 Ressemble à l'ombre d'vne nuit,

Qui disparoist lors que ma face

Sur celles des hauts Monts reluit,

93 Equitable arbitre du monde,

Souuerain Monarque des Rois,

Que le Ciel, que la Terre, & l'Onde 96 Tremblent craintifs dessous tes loix,

Quiconque Géant se rebelle,

Trouue leur déplorable sort, 99 Et qu'il ait de peine mortelle,

L'horreur d'vne immortelle mort.

Troupe compagne au Dieu suprême, 2 Dessur qui ne peut le trépas,

Suy ma voix, & d'vn zèle même

Maintenant ne t'épargne pas 5 A chanter l'heureuse victoire.

Du grand lupiter ton recours, I28S1

Qui pour te conseruer sa gloire ^ -•

8 Ne veut que son bras de secours.

IVPITER.

Désormais du festin la liesse accomplie,

Ma prière la troupe en commandant supplie, 11 Qu'ensemble elle nourisse vne saincte vnion,

Qu'elle abhorre chassez les serpens d'Enyon,

Qu'vne vraye amitié à l'enuy cultiuée, 14 Ne reserue rancune où publique, où priuée.

Ainsi son heur atteint a la perfection,

Ainsi seure tousiours en nm protection, 17 Ennemy quel qu'il soit ne luy donne de crainte,

Allez vous reposer, allez brigade sainte:

Toy lunon conduiras ton gendre au lit nopcier, 20 Qui te doit de la peine après remercier.

FELISMENE,

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