V. 1176-1210] TRAGI-COMEDIE
NOVRICE.
Effronté vuide sans murmurer, 76 Ou ces ongles sanglans te vont défigurer. CELIE.
0 Dieu bon Dieu! mon sang de colère s'alume,
Pour vne fois encor, mais en faire coustume 79 M'amie le de'pit, le iuste creue-cœur
Me feroient volontiers mordre à mesme son cœur. NOVRICE.
Que vous ne me teniez parauant auertie, 82 On eut à ce galand dressé telle partie,
Que rien ue luy restoit entier dessus la peau,
Et semblables secrets me taire n'est pas beau. r3561 CELLE.
85 La crainte d'émouuoir vne bourbe si sale,
D'vn rien mal à propos m'attirer du scandale,
Ne le présumant pas deuoir perseuerer, 88 M'ont fait iusques icy l'iniure tolérer,
Iniure qui me va mettre dedans la tombe
Helas! ie n'en puis plus, soustenez ie succombe. NOVRICE.
91 Au secours elle passe , vne morne pasleur
De son visage esteint la vermeille couleur,
L'albastre de ce front dégoûte vne eau glacée, 94 Madame, mon souey, mon espoir, ma pensée.
Courage reuenez, c'est moy qui veux vanger
L'Empereur auerty , le tort de l'estranger 97 0 malheur! ô malheur! sa pâmoison renforce.
Comment ne l'assister qu à vne extrême force?
Venez filles m'ayder , que Ion la mette au lit 00 0 cieux! de ses beaux iours le terme s'accomplit.