SCENE IIII
MEROPE, SATIRE.
MEROPE.
TOutes les lois que ie pense au Satire, Pour mon sujet plein d'amoureux martire, Auquel des deux ie ne sçay m'attacher.
Ou soit de rire, ou soit de me fascher; r^rj Qui vit iamais vne plus grand folie? Ores que l'âge à la tombe me lie, Comme à bon droit ce plaisant Amoureux, gQ De ma beauté s'esclaue langoureux, Plus ie le fuy, plus ie moque sa flame, Plus l'aueuglé me poursuit, me reclame, 83 Si qu'à la fin tel périlleux erreur Pourroit brutal se tourner en fureur; Mais vne pluie esteindra sa luxure:
gg Ah! le voicy ce vray Monstre en nature.
Mot, ie le veux aux altères tenir, [486]
Et d'vn appas moqueur entretenir.
SATIRE
89 le te cherchois de tous costez ma belle, MEROPE.
As-tu (dy moy) retrouué ta cruelle?
SATIRE
La retrouuer, folastre à quel propos, 92 D'esprit, de corps égallement dispos? MEROPE.
Que voulois-tu maintenant? qui t'ameine?
SATIRE
L'ardente soif de voir ma souueraine, MEROPE.
95 Ainsi chacun recherche son pareil,