SCENE II
GALISTE, MELITE, CORINE.
CALISTE
79 ~Y TOus vous pourriez cent fois mettre en courous y/ [e ne pensois désormais plus a vous. N'en iure point, la vérité notoire 82 Témoigne assez de ta courte mémoire. Car la douleur de l'oiseau m'a transy, Que i'ay perdu n'uguere en ce lieu cy.
238 CORINE OV LE SILENCE [v. 285-318
MELITE
85 Sy dans deux iours ie m'offre de te rendre Vn Passereau plus priué? te 1 apprendre .''
CALISTE
Vn plus priué dans deux iours, he comment? ««Depuis deux mois, de moment en moment Toujours après c'est ce que i ay peu iaire,
MELITE. [493
Cela Berger, consiste en peu d'affaire, 91 l'ay le secret de les appriuoiser, Vueille sans plus vn débat accoiser.
Vueille sans plus ta promesse tenue 94 Me couronner de la Palme obtenue, Car tu vois trop raisonnable couibien En toute sorte il surpasse le sien.
CALISTE
Q7 L'vn & l'autre a si peu de différence. Qu'on ne syauroit asseoir de préférence.
CORINE
Ce peu qui panche à l'imperfection, 00 Du mien toujours te donne élection.
CALISTE
Que voulez-vous que ie die autre chose? L'égalité me tient la bouche close, 3 Viuons ainsi qu'au précèdent amis.
MELITE
D'en accepter vne tu as promis.
CALISTE
Bien, i'aymeray celle qui plus légère 6 M'ira quérir vn peu d'eau la première, Pasmé de soif, tantost prise à courir L^y^J
Apres l'oyseau qui me fera mourir.
9 Ne pense plus à ta perte friuole.
Où tu as dit présentement le vole.
CORINE
Moy tout de même, or aduise au retour 12 De m'adiuger la primauté d'Amour:
CALISTE seul.
0 le grand coup? ô la ruse oportune Pour me tirer de leur presse importune ! 1 E, Mal asseuré ie n'attendois que voir
Les coups sur moy de ces folles pleuuoir: Ores prenons de bonne heure la fuite 18 Pour éuiter leur fascheuse poursuite.