SCENE V
SATIRE, MEROPE.
SATIRE
MEurtry de coups, k peine helas! à peine le puis marcher & r'auoir mon aleine, Encore plus affligé de l'aôront Qui me demeure imprimé sur le front:
248 CORINE OV LE SILENCE [v. 563-593
0 faulse vieille ! ô mille fois traistresse ! 64 Tu m'as vrayment bien ponrueu de maistresse, Tu m as ioué d'vn tour de ton raestier, Mais a mon rang ie te veux chastier, 67 Si sur le champ de l'attentat purgée, D'vn tel supçon ie n'ay l'arae alleigée, Or ne pouuant la rejoindre depuis, 70 le l'attendray sur le sueil de son huis, l'entr'-oy marcher, ce l'est qui s'achemine, Nous ingérons du courage à la mine.
MEROPE.
73 Tu es donc là Satire, hé bien, comment [514]
Va ton Amour a ce commencement?
SATIRE
Tr es-mal.
MEROPE.
Pourquoy tres-mal?
SATIRE
Ta gausserie 76 Pourroit changer mon Amour en furie. MEROPE.
Que te faut-il? est-ce le grand mercy De t'auoir fait d'elle jouir ainsi?
SATIRE
79 le ne veux plus de telle iouissance, MEROPE.
On te l'auoit liurée en ta puissance, De faire plus le moyen que veux tu?
SATIRE
82 One pour vn coup, ie ne fus tant battu. MEROPE.
Ces petis coups qu'vne fille desserre Ne sont que fleurs en l'amoureuse guerre. SAllRE.
85 Certain Pasteur suruenu de renfort, ['^15]
Las de fraper m'a rendu comme mort.
MEROPE.
Malheur pourtant inopiné qui monstre 88 Que tu n'estois que bien sans la rencontre. SATIRE.
Point, ie renonce a semblable amitié, Taste mauuaise, & iuge par pitié, 91 S'ils m'ont battu d'vne cruelle sorte. MEROPE.
Dedans le cœur tes bléceures ie porte, Maiç tu voudrois induire h te prier.