SCENE IIII
MEROPE, SATIRE.
MEROPE.
83 np^Emons reclus dans la demeure pâle, I IPar les replis de TOnde Stygiale, -"'-^Par le pouuoir du Prince des Enfers, 86 Par ces pauots que ie luy brusle offers, Venez quittant les gouffres de l'Auerne, Vous tenir prests icy dedans mon cerne, [528]
89 Prests de punir vn bouc luxurieux Qui le futur me représente aux yeux, Ah, le voicy qu'vne brutale rage 92 A son malheur espoint dans le courage: SATIRE.
Dispos, gaillard, plus propre au ieu d'aymer Qu'oncques, ie vien ta promesjîe sommer, 95 Apres l'épine il faut auoir la rose. Tu ne dis mot, pensiue à autre chose.
MEROPE.
De vray ie pense à ta brutalité, 98 A ta folie, à ta stupidité.
Qui reçeuront des coups pour leur salaire, Ne désistant de cet honteux affaire.
SATIRE
1 Te mocques-tuV
MEROPE.
Satyre ton plus seur Est d'esquiuer mon couroux punisseur.
SATIRE, l'espere auec vn long baiser humide 4 Me l'adoucir dédaigneuse homicide.
' MEROPE. [529]
Or sus à coup fauorables esprits Apprenez luy que vaut s'estre mépris.
SATIRE
7 Au meurtre, au meurtre, au secours, on me tuë. MEROPE.
Cela va bien, mon vouloir s'effectue,
SATIRE
Pardon Merope, & ie renonce a tout.
MEROPE.
IQ Non, pour si peu tel crime ne s'absout, Retire toy chère Troupe Auernale, Va retrouuer ta demeure fatale.
256 CORTNE OV LE SILENCE [v. 813-849
13 Et que sa forme en vn Arbre échangeant,
l'aille le fiel de sa haine changeant,
Vif à souttrir des tortures extrêmes:
16 Ores conuient retournée a moy -mêmes,
Expédier ces Pasteurs affligez
Sur vn erreur qui les tient assiégez, 19 Qui les contraint recourir à l'Azile
De ma science aux innocents vtile.