‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 2)Chapitre 202 sur 203 · V. 1052-1088] PASTORALE · texte numérisé non relu

V. 1052-1088] PASTORALE

Melite mienne ores d'impitoyable, 53 Vous Fauez fait puissantes Deitez, Et le faisant vous me ressuscitez, Si comblé d'heur, si transporté de ioie, 56 Que de l'excez , peu s'en faut , ie larmoie. CVPJDON.

Reste assoupir chez vous autres parens, Ce qui pourroit nourir les differens, 59 S'entre-promettre vne amitié qui dure Egalement iusqu'à la sépulture.

TITYRE

Moy ie le veux , Mopse pardonne nous 62 L'effort commis d'vn imprudent couroux. MOPSE.

Qui se fust pu garder sur l'apparence [545]

De même faute en pareille occurrence?

65 Nul des mortels, veu que le bien présent, D'abolir tout est plus que suffisant:

MOELIBEE.

Faccepteray ma part de cette grâce, 68 Comme coupable auee luy ie l'embrasse, CVPJDON.

Encor faut-il vous sceller ce bien fait. De ne sçay quoy de passetemps parfait, yj L'arbre changé que voyez, en Satire. Qui hors de terre immobile me tire? Qui m'a rendu ma figure & ma vois?

74 Quels nouueaux Dieux habitent dans nos bois? CVPIDON.

Contente toy de ta forme reprise, Sans plus donner à tes vices de prise 77 Sur tes désirs iustement chastiez, A l'aduenir de la raison liez.

SATIRE

A ce bandeau ie n'en fay plus de doute, 80 C'est le vaincœur que l'Olympe redoute; [546]

0 Piiphien , ie proteste à genoux

Ne prouoquer jamais plus ton couroux, 83 Epris de vieille , ou de ieune qui viue.

Tant i'ay souffert pour ma fureur lasciue.

VENVS.

Allez Berger(e)s a bon heure cueillir 86 Nos fruits plus doux, qui ne peuuent vieillir, Allez germer vne suite féconde De beaux enfans qui repeuplent le monde,

264 CORINE OV LE SILENCE, [v. 1089-1102

89 Allez iouir d'vn asséuré repos,

Et d'vn courage ail aigrement dispos,

En nostre honneur, sur vos flûtes rustiques,

92 lusques nu Ciel pousser mille Cantiques, Nous vous serons fauorables toujours, D'heur accomplis en vos saintes Amours.

MEROPE.

95 Nous le iurons vénérable Déesse; Sus que chacun dépouillé de tristesse Vienne à l'enuy célébrer ce beau iour, 98 Que tous nos bois ne parlent que d'Amour,

De ris, de ieux, de caresses mignardes [547]

Que de baisers, & de dances gaillardes, 1 Apres auoir dans leurs sacrez Autels Remercié les puissans Immortels.

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