GERES, L'OMBRE DE PROSERPINE, PLVTON ET ELECTRE
GERES. [cence ?
47 /~\^^ brassez-vous, Destins, contre mon inno-
I iL'immoderé bon-heur, l'excès de ma puissance
^UVous ont-ils, enuieux, irrité tellement, 50 Qu'vn clin d'œil ie ne sois exemte seulement [41]
De signes monstrueux, de funestes présages,
Suffisans d'ébranler les plus braues courages? 53 11 ne se passe nuit que pariny le sommeil
Ma fille n'aparoisse éfroyable à mon œil;
Tantost ie voy d'vn dard ses entrailles percées; 56 Ores d'habit semblable aux ombres trépassées,
le l'enten soupirer d'aussi piteux sanglots.
Que iadis Philomele à la mercy des flots. 59 Tairoy-ie qu'au milieu de mes Lares les Ormes
Stériles ont produit des fueillages énormes?
Dauantage vn Laurier agréable entre tous,
62 Qui de chastes rameaux ombrage des èpous La couche nuptiale , ainsi qu'ateint du foudre, Tronc, branches & racine amoncelez en poudre;
63 Me plaignant du forfait les Driades m'ont dit Que les rages d'Enfer, d'vn attentat maudit, Sacrilèges y ont mis la dure coignée;
68 Et qui de ces horreurs toujours acompagnée,
Ne trembleroit craintiue? ha! ma fille: ha! mon heur Le renom du seiour menace ta pudeur,
71 Le Mont sous qui se forge à lupin le Tonnerre, Plus fameux, plus connu que tous ceux de la terre, N'augure que ta perte, ô trésor précieux; [42]
74 Mais l'esprit surchargé d'vn fardeau soucieux Semble vouloir au somne incliner ma paupière, Tâchons à recueillir sa faueur singulière
77 Sous ce Pincheuelu, d'herbage enuironné: Las! mon cœur ne se peut r'asseurer, estonné