‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 2)Chapitre 22 sur 203 · GERES, L'OMBRE DE PROSERPINE, PLVTON ET ELECTRE · texte numérisé non relu

GERES, L'OMBRE DE PROSERPINE, PLVTON ET ELECTRE

GERES. [cence ?

47 /~\^^ brassez-vous, Destins, contre mon inno-

I iL'immoderé bon-heur, l'excès de ma puissance

^UVous ont-ils, enuieux, irrité tellement, 50 Qu'vn clin d'œil ie ne sois exemte seulement [41]

De signes monstrueux, de funestes présages,

Suffisans d'ébranler les plus braues courages? 53 11 ne se passe nuit que pariny le sommeil

Ma fille n'aparoisse éfroyable à mon œil;

Tantost ie voy d'vn dard ses entrailles percées; 56 Ores d'habit semblable aux ombres trépassées,

le l'enten soupirer d'aussi piteux sanglots.

Que iadis Philomele à la mercy des flots. 59 Tairoy-ie qu'au milieu de mes Lares les Ormes

Stériles ont produit des fueillages énormes?

Dauantage vn Laurier agréable entre tous,

62 Qui de chastes rameaux ombrage des èpous La couche nuptiale , ainsi qu'ateint du foudre, Tronc, branches & racine amoncelez en poudre;

63 Me plaignant du forfait les Driades m'ont dit Que les rages d'Enfer, d'vn attentat maudit, Sacrilèges y ont mis la dure coignée;

68 Et qui de ces horreurs toujours acompagnée,

Ne trembleroit craintiue? ha! ma fille: ha! mon heur Le renom du seiour menace ta pudeur,

71 Le Mont sous qui se forge à lupin le Tonnerre, Plus fameux, plus connu que tous ceux de la terre, N'augure que ta perte, ô trésor précieux; [42]

74 Mais l'esprit surchargé d'vn fardeau soucieux Semble vouloir au somne incliner ma paupière, Tâchons à recueillir sa faueur singulière

77 Sous ce Pincheuelu, d'herbage enuironné: Las! mon cœur ne se peut r'asseurer, estonné

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