STANCES
kCauans, & merueilleux esprits, ^^Qui par mille diuins escrits, 3 Vous rendez assCirez de pouuoir toujours viure; Venez voir d'Apollon le plus grand héritier, Et ne refusez pas d'adorer dans ce liure 6 Vn des Dieux de vostre métier.
Ses vers si doux, & si puissans, Ont mille charmes rauissans, 9 Qui forcent les rochers de suiure leur cadance: Il n'est point de beaux trais qui n'y soient familiers, Et chacun s'imagine à voir leur abondance, 12 Qu'il les enfante par milliers.
S'il découure vne ieune ardeur, Où s'il exprime vne pudeur, 15 Sa veine est toute douce, oii bien toute inocente; Mais lors que le sujet l'oblige à s'irriter. On trouue que sa Sçene est aussy menaçante [12] 18 Que les foudres de lupiter.
Apres ces trauaux glorieux, HARDY ne crains point l'enuieux, 21 11 ne peut mettre icy sa dent enuenimée, Sans vn aueuglement qui n'a point de pareil; On ne scauroit voir d'ombre, en vne renommée 24 Aussy claire que le Soleil.