‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 2)Chapitre 30 sur 203 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

IVPITER, NEREE, AGHELOIS, PAN.

IVPITER.

DErechef, Immortels, des afaires humaines Le soucy négligé pour d'autres plus hautaines, Interrompt mon repos, me presse, me reprend :

Il vous souuient du tems, que de mon vieil Parent 83 l'vsurpay la Courone, & le Sceptre suprême,

Dés lors ie résolus de changer en moy-mesme

Vn Estât paresseux de cet âge grossier, 86 le voulus vn long somne aux peuples délier,

Poindre d'vn aiguillon leur courage stupide,

Enipéchant que le miel des hauts chênes fluide 89 De plein gré, sans labeur, des mouches se confit, [5S]

Que le Coûtre épargné nulle moisson se fit,

Que Bacchus dégorgeât sa liqueur de ses veines, 92 II m'a pieu mesurer la recompense aux peines.

Par la nécessité faire viure les Arts :

Mais vne plainte vient à moy de toutes parts, 95 L'ouurage d'Iapethe ouuertement murmure

De sa condition troi> seruile & trop dure,

Maintient que ie luy ren du destin de ma voix, 98 Marâtre vne qui fut bonne mère autrefois.

Demande que luy vaut sa Céleste origine,

Que les yeux vers le Ciel, & debout il chemine 1 Vagabond, dispersé, voire pire de sort,

Que les feres qui ont vn tutelaire fort.

L'équitable motif de pareille requeste 4 Mérite que l'oreille & la dextre on y preste.

M'induit Père commun, de pouruoir à son bien,

Le Monde retiré du gland Caonien.

7 Amassé désormais dans l'enceinte des viles,

Et sous l'ordre des loix poly de mœurs ciuiles:

A ceste occasion l'Orpheline Ceres, 10 Telle que la Lyonne en l'obscur des forests,

Qui cherche ses enfans furieuse à la trace,

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