‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 130 sur 230 · SCENE L · texte numérisé non relu

SCENE L

THITON, PRIT ANNE.

THITON.

PRIT ANNE il est troj» vray, ie gageroy la teste, Que ma femme adultère à vn riual se preste, 10 l'en ay des argumens infaillibles, <fe tant,

Qu'on voit la vérité au trauers éclatant, Qu'on la voit resplendir misérable a ma honte,

16 De moy premièrement elle ne tient plus conte, Son discours n)e dédaii;ne, & d\n œil courroucé le suis de ses faneurs les moindres repoussé:

19 S'il m'auient de vouloir prendre dedans la couche, »Reste de mon soûlas, vn baiser de sa bouche, La mauuaise me fuit, son courage rebours

22 Le receuroit plutost d'vn serpent, où d'vn ours. Helas: helas! voila qu'apporte la vieillesse, Comme elles font de nous, quand la vigueur nous laisse, [287]

25 Apres auoir seiche la fleur de nos printems, Mal-propres à fournir leurs lascifs passetems, Voila comment ce sexe au Ciel & en la terre

28 Son venin contre nous indiflerent desserre, Il court insatiable après la nouueauté, Depuis que la vigueur nous manque, & la beauté,

31 Encore mon malheur est d'autant" plus extrême, Que ie ne puis mourir toujours en estât même.

PRITANNE.

Coupable d'vn défaut possible que la peur 34 Vous amasse en l'esprit ce nuage trompeur. Vous fait imaginer d'elle toute autre chose, Que pudique & loyale elle ne se propose.

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