‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 3)Chapitre 14 sur 230 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

.ENËE, ACHATE, PALINVRE.

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GRands Dieux, qui disposez des Empires du monde, Toy qui portes en main ce tonnere qui gronde, V lupiter ennemy du peuple Phrygien,

Qui feis que nostreTroye a présent n'est plus rien! [2] Vous qui l'auez bastie afin de la destruire, 6 Si sa perte fatale a destrempé vostre ire. Si l'orgueil ruyné de cet ample vniuers, Si tant de bastimens, d'os, & d'herbes couuers, 9 Si tant de sang rneslé dans les ondes de Xante, Si du pauure Priam la mémoire innocente, Si de son preux Hector le violent trespas,

12 De tant d'autres enfans qui suiuirent ses pas, Si son peuple enterré dans les feux de la ville, (Helas! y repensant l'œil touiours me distille)

15 Bref, si de nous chetifs du naufrage restez, Les trauaux infinis , & les calamitez, La misérable vie en morts continuée,

18 La fortune, d'amis, & de biens desnuée,

(Horsmis en ce lieu seul, où Neptune a poussé Le reste d'Ilion sur son dos couroucé)

21 Si la chose, (Immortels), vostre pitié mérite, Seruez a mon esprit maintenant de conduite. Sur tout ô Lycien, nostre saint defienseur,

24 Contre les cruautez d'vn barbare opresseur; Toy qui guidas le trait de l'archer Priamide, Afin de nous venger par la mort du Pelide ;

27 Toy duquel i'ay suiuy les oracles donnez, Pour atteindre voguant les pays destinez, lette, iette ton œil sur nos longues misères,

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