SCENE I
PHRAARTE SEVL.
PHRAARTE.
que la gloire m'inspire.
POrté d'vn beau désir Que toute auie vra; Vn sceptre hérédité
;ayment généreuse respire, 3 "^ Vn sceptre héréditaire acquis selon le sang, [386] Où mon autorité mavchoit au premier rang, N'a toutesfois permis qn'vne ocieuse vie 6 Dans les délices tint ma ieunesse asseruie, D'humeur incompatible au repos casanier, Comme Achille iadis se sauua, i>risonnier 9 Parmy les voluptez oii sa mère craintiue Présumoit confiner vue vertu captiue, Mon courage de même aux pays étrangers,
12 Heurte inditferemment & franchit les dangers, Mon courage a qui sert la prudence de guide, Cà & là vagabond, auec l'esprit cupide
15 D'apprendre, de sçauoir ce que ])lus singulier Chaque peuple se garde en son particulier, Ses astuces, ses mœurs, ses forces comparées
18 En ce qu'elles pourront jointes ou séparées, Fruits que cueille le sage en leur propre saison, Dous labeur qui cultiue & meurit sa raison,
21 Curieuse science au Prince nécessaire.
Qui veut par les defiiuts connoître vn aduersaire, Qui se fait par l'absence aux siens plus désirer,
24 Et d'autant vénérable au retour admirer.
210 PHRAARTE. v. 25-60.
Or le destin permet que ma course dernière, Reprenne vn peu d'haleine enlaThrace guerrière,
27 Ses peuples ont au moins titre de belliqueux, Bien que nos Macedons l'emportent dessur eux, Vaincus autant de fois qu'vne audace mutine
30 A vouloir éprouuer nos forces les obstine. [387]
Icy donc mon dessein ne butte seulement, (Et cela d'apparence auient facilement)
33 Qu'à voir dessur les lieux vne beauté farouche, Dont l'vniuers n'a rien que le los en la bouche, L'aspect de ce Soleil attendu chaque iour,
36 Vnique occasion, prolonge mon séjour. Me tempère d'espoir vne ennuyeuse attente. Bref qu'icy tel spectacle est ce qui me contente,
39 Afin d'y apporter le iugement aprez :
A bonne heure, le Roy son père enuoye exprez Quelqu'vn qui m'introduit, & selon l'apparence
42 Oblige à luy aller faire la reuerence.