‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 167 sur 242 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

PHILOCLEE, BERENICE, GEOLIER, PHRAARTE.

PHILOCLEE.

iRêtes chaque moment d'abandonner la vie, 18 I De rendre vne vindicte équitable assouuie, Resoluons-nous, ma sœur, à ce funèbre pas, La gloire émoussera l'aiguillon du trépas, 21 La gloire que dépouille vne ame généreuse. Dont la fortune fait la vertu malheureuse, La gloire d'expirer sous ce faix entrepris, 24 De n'auoir estimé nôtre salut au pris

D'obeyr à son Prince, & monument d'vn zèle Qui ne mourra iamais, mourir en sa querelle, 27 Cela nous doit résoudre & consoler, afin

Qu'vn beau commencement ait vne même fin.

BERENICE

Misérable soûlas, ingrate recompense,

30 Qui de blâme vn Monarque oublieux ne dispense. Oublieux maintenant contre ce qu'il promit De rompre les liens où sa rancœur nous mit.

33 Maxime que les Roys a nos dépens se vengent, [415] Que les périls venus de nos chefs ils n'étrangent, Maxime que to\isiours les foibles, les petits

35 Parmy leur passions demeurent engloutis:

Ainsi le fin pêcheur des vermisseaux hazarde, Pour cacher aux poissons son embûche couarde,

39 Et l'araignée ainsi dans ses liens tendus Laisse les moucherons voleter suspendus, Epiant à l'entour quelque proye opportune;

42 Ce Prince nous expose à pareille fortune Et pire, ne pouuant au besoin secourir Les crédules qu'il fit ce péril encourir,

45 Qu'vn supplice honteux en cendres va réduire,

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