V. 721-56. TRAGI-COMEDIE
PHRAARTE.
Qu'est-ce que ne promet pour allonger sa vie,
Le chetif qui la void du supplice rauie? 23 Qui dans le cœur desià reçoit le coup mortel;
Non que vôtre candeur présage rien de tel,
Naïue elle me plaît, elle me cautionne 26 Les fruits plus qu'asseurez d'vne volonté bonne : A moy cher Calistene, à moy, vien receuoir
Vne commission digne de ton deuoir, 29 Vien prendre de mon heur la conduite en ces dames,
Qui leurs ennuis éteins, font éteindre mes fiâmes,
Qui, libres, a l'instant me libèrent aussi; 32 Or la charge en vn mot prescrite la voicy,
Du plutôt que Titan replongé dessous Tonde,
Ramènera la nuit & le silence au monde, 35 Pren ceux que tu voudras de ma suitte auec toy,
Ceux chez qui tu connus vne immuable foy : [420]
Sans tre'ue de labeur, que la Thrace gangnée, 38 Et telle escorte après inutile épargnée,
Tu ne rendes ce couple à la chaste beauté
Qui void le receuant vn trait de loyauté, 41 Qui remémorera mes paroles dernières
Venues à l'efiet enuers ces prisonnières.
Outre qu'vne missiue écritte de ma main, 41 La veuë promettra du iour au lendemain.
De son plus humble esclaue, or tel vrgent aôaire
En l'exécution ne veut que l'on diffère, 47 Fay ton preparatif, mais sans le moindre bruit,
Ores que tu le peux en faueur de la nuit.
CALISTENE.
laçoit que tel dessein hazardeux à l'extrême, 50 Paroisse en son effet la difficulté même. L'industrie au labeur mêlée également.
Me permet d'en venir a bout facilement.
PHRAARTE.
53 Le dernier point consiste (& cela me regarde; A charmer le dragon vigilant qui vous garde, Nous y allons pouruoir, tandis ne craignez rien,
50 Sous la faueur des Cieux tout se portera bien.
Hardy IV. 15
228 PHRAARTE. v. 757—90.