SCENE L
PHILIPPE, PHRAARTE.
PHILIPPE
REceuez, immortels, l'hommao-e que vous prête Vn Roy victorieux de sa riche conquête, &D Vôtre iuste courous a nos armes conjoint,
Les ennemis batus prosterne de tout point
Ce Tiran que les siens chaque iour abandonnent, [441] 58 A qui les élemens coniurez ne pardonnent.
En personne défait, en personne vaincu,
Magnanime n'auroit sa gloire suruécu, 61 Où sa honte deuoit, qui ne peut, reparée.
Désormais luy trouuer de retraite asseurée,
L'affranchir des liens dVne captiuité, 64 Peine que le perfide a du moins mérité :
Or mon fils ta venue encore que tardiue,
Du fruit entièrement de l'honneur ne te priue, 67 Successeur a poursuyure vn glorieux trauail.
Et qui vas de ma main prendre le gouuernail,
Tu te peux aquerir, cette guerre acheuée, 70 Vne belle louange aux astres éleuée.
Mais voy que la prudence accompagne l'effort.
Ainsi qu'en ce sujet de toy ie me fay fort, 73 Sans elle aucun dessein, où rarement, prospère,
Sous elle vn sage chef n'encourt de vitupère,
Quand même le malheur viendroit à l'assaillir, 76 Et le faire au milieu de sa co^rse faillir.
PHRAARTE.
Vn regret infiny me pénètre dans l'ame, En ce facile exploit chargeant le iuste blâme