SCENE III
ATYS, CEPHEE, MELICE.
ATYS
IL n'est enfin que puiser dans la source, Pour vn grand saut prendre vne bonne course, 69 Clitie vn siècle eût, distraitte d'ailleurs,
Filé mes maux, retissu mes douleurs,
Qui, plus accord, s'adressant à son père, 72 Ne coupperoit chemin à la misère.
Ne coupperoit le chemin vergongneux,
A ses refus rogues & dédaigneux:
75 Souuentefois vn peu de violence.
De ces cœurs durs gaigne la bien-veillance,
Et la pouuant contraindre de m'aimer, 78 Si ie Tay fait qui m'en viendra blâmer,
Craindre au surplus que la force endurée,
Luy forme au sein de haiiic de durée, 81 Rien moins, l'hymen perdra soudain ce fiel
Dans la douceur charmeuse de son miel,
L'hymen du feu de sa torche allumée 84 Epard soudain sa disgrâce en fumée.
Sacré flambeau hâte toy d'éclairer.
Borne les heurs que ie puis désirer, [519]
87 Apporte moy la moisson de mes peines,
Las! des frayeurs chimériques & vaines
Troublent mes sens, les trahissent peureux, 90 Comme interdit a cet heur trop heureux:
Arrière, arrière enuieux de mon aise,
le tien desià sa bouche, ie la baise, 93 Rauy ie touche a nu dedans le lit
Mille beaatez que nature accomplit,
Mille beautez qu'autant d'amours courtisent: 96 Mais ou les yeux diuertis me séduisent.
Ou i'apperçoy mon riual insensé,
C'est luy, le veux de brocars relancé, 99 L'écarmoucher & le mettre aux altères:
Et bien charmeur des nymphes bocageres,
L'œil de Clitie, as-tu long tems espoir 2 De retenir sa grâce en ton pouuoir?
De posséder le céleste héritage
De ses faneurs auec tant d'àuantage.