V. 914-41. PASTORALE
A du sommeil presque tary l'vsage, 15 Romt l'entreprise & me remet aux fers,
Triste loyer de mes trauaux souffers,
Remors qui va, ton ame becquetée 18 Apparier au sort de Promethée;
Ah, Cynthienne, à ta morne clarté
le me preuois veufue de liberté, 21 Ta froide humeur de nos feux ennemie.
Me précipite en la tombe blêmie,
le dois prouuer ma foy de mon trépas, 24 Mais il me semble ouyr frayer des pas.
SECOND SATYRE
St.
CLITIK Et quelqu'vn de siblemens m'appelle.
PREMIER SATYRE
Cours la saisir sans dire mot, c'est elle. CLITIE.
27 0 bras aimez, ô secours attendu.
PREMIER SATYRE
Bon, ie la voy dans le piège tendu.
CLITIE.
R'asseure-moy du son de ta parole, 30 0 mon Cephée, ô mon vnique idole.
SECOND SATYRE
St.
CLITIE.
Qui t'auoit retardé de venir?
PREMIER SATYRE, le ne puis plus ardant me contenir.
CLITIE.
33 Parle, mon heur, désormais franc de crainto Que du logis nous éloignons l'onceinte.
CEPHÉE.
Ecoute vn peu, i'entr'oy delà le bois, 36 Prés du logis vn murmure de voix.
PISANDRE
Le même bruit a frappé mon oreille.
CLITIE.
De ton silence ores ie m'émerueille, 39 Parle, il n'y a non le moindre péril.
Dieux que ce sexe a tousiours de babil.
CEPHÉE.
Allons d'vn tems l'embûche reconnoître.
288 LE TRIOMFE D'AMO VR. v. 942-66.
PISANDRE
42 C'est le plus seur, voyons que ce peut être.
CLITIE.
Quel rude poil senté-ie à ce menton, Veu que Cephée à peine dVn coton.
PREMIER SATYRE
St.
CLITIE. [533]
45 Hé bons Dieux, à quoy plus de silence? Au meurtre, a l'aide on m'a fait violence, On m'a deçeuë, ô traître, ô rauisseur.
CEPHÉE.
48 l'entens crier ma nymphe, pour le seur,
Quelqu'vn l'aura d'embûche préuenuë.
Courons au lieu d'où la voix est venue, 51 A son secours l'vn & l'autre mourons,
Ou du danger présent la recourons.
CLITIE.
Lâches brigans qu'esperez-vous de faire.
54 le ne veux rien qu'vn amoureux salaire Belle bergère,
CLITIE.
Encor qui êtes-vous Monstres hideux?
PREMIER SATYRE
Appaise ce courons, 57 Et reconnois le fidelle Satyre
Que ta beauté si longuement martire.
CLITIE.
0 Dieux où suis-ie? helas prenez pitié. SECOND SATYRE.
60 Si faudra-til de force ou d'amitié.
CEPHÉE.
A mort, brigans, demeurez, lâchez prise.
PREMIER SATYRE. [534
Fuis seulement, & qu'au butin n'auise, 63 le feray ferme.
CEPHÉE.
Apres Pisandre, après.
Chacun de nous le sien ioingne de prés, Pren cettny-cy, tandis ie fay poursuitte QQ Du rauisseur qui se sauue à la fuitte.