‹ Le théâtre d'Alexandre Hardy (volume 4)Chapitre 219 sur 242 · V. 1153-88. PASTORALE · texte numérisé non relu

V. 1153-88. PASTORALE

Connu coupable, exigez le supplice Qu'ordonneroit la plus griéue iustice.

CEPHÉE.

55 T'appelles-tu, misérable, innocent, Qu'on a surpris rua nymphe rauissant?

PRExMIER SATYRE. [545]

Vaincu d'amour, maîtrisé de sa rage, 58 A mon malheur i'ay commencé l'outrage: Mais non parfait, mais pourtant incertain Où est celuy qui me prêta la main.

61 Le voila pas à sa première ruze?

Nous payes-tu tousiours de même excuse?

Chargeons Cephée, & sans plus écouter.

PREMIER SATYRE

64 Vn seul moment veuillez patienter, Permettes-moy que du pas ie vous meine Chez ce Satyre en la grotte prochaine.

CEPHEE.

67 Que consens-tu au cas qu'elle n'y soit?

PREMIER SATYRE

L'opinion totalle me déçoit, Désespéré de les pouuoir atteindre; 70 Vous deuez lors mon infortune plaindre, Trahy de ceux a qui i'auois remis Ce qu'on remet aux intimes amis.

PISANDRE

73 Marche, asseuré que tes raisons friuoles Ne nous feront repaître de paroles, Qu'à faute d'eux, ton dos nous trouuerons,

76 Et dessus luy nos bras éprouuerons.

PREMIER SATYRE

Dieux qui vit onc vne misère égale?

Dieux, qui vit onc de haine capitale [546]

79 Passer auec tant d'excez de rigueur,

S'entretenir auec tant de longueur?

Assouuissez vn bon coup vôtre enuie, 82 Etanchez-la sur ma dolente vie.

N'ayez à Pan, n'y à sa suitte égard,

Me trauersant le cors de part en part, 85 Plutôt, helas! qu'en ce point ie languisse,

Qu'à tant de fois repris on me meurtrisse.

CEPHÉE.

Il n'est pas tems de faire le piteux, 88 De se targuer d'vn repentir honteux,

296 LE TRIOMFE D'AMOVR. v. 1189 -1226.

D'acte commis le plus méchant du monde, Faut que la peine a peu prés luy reponde: 91 Or de merueille, y pensant, éblouy, Raconte nous où tu auois ouy L'intention de Clitie & la mienne.

PREMIER SATYRE

94 Vous le sçaurez quoy que pis m'en auienne. OEPHÉE.

Ne le crain pas, ie te iure que non.

PREMIER SATYRE

Depuis vn siècle imbu de son renom, 97 Pris des attraits de sa beauté trop belle, le desiroy conférer auec elle, Deçà delà m'épiant, curieux, 00 L'occasion de paroître à ses yeux ; Deuant hier enuiron la vêj)rée,

Lassé d'attendre embusqué dans la prée, [5471

3 Seulet ie cours iusqu'au sueil de son huis, L'entre-voyant ma pointe ie poursuis, Prête l'oreille à sa voix murmurée, 6 Vne autre nymphe à l'écart retirée, Qui ses secrets, attentiue, écoutoit.

Que du secours, plaintiue, elle attestoit, 9 Somme qu'instruit de la fuitte prochaine, Vn compagnon vous préuenir ie meine, Fauorisez des ombres de la nuit, 12 Mais i'ay l'épine & luy cueille le fruit. CEPHÉE.

Comment le fruit, ce corsaire profane Entameroit l'honneur de ma Diane?

15 Proye exposée à qui de vous premier L'iroit ainsi qu'vne brebis lier.

PREMIER SATYRE

Rien moins, i'entens qu'il iouit de sa face, 18 Non qu'à l'honneur de violence il face. PISANDRE.

Frêle asseurance & suspecte, attendu Qu'il n'a l'esprit qu'à luxure tendu.

CEPHÉE.

21 0 si i'étois bien certain.

PREMIER SATYRE

le te prie <

Ne conçeuoir de ialouze furie, Bridé du mors de mon commandement, 24 Plutôt la terre hors de son fondement 1548] t

S'écrouleroit, & l'irrité Neptune i^

Refloteroit au dessus de la Lune,

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